.

CONNECTEZ-VOUS A L'ESPACE ADHERENT

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Créer un compte

Pour valider ce formulaire, vous devez remplir tous les champs.
Nom
Identifiant
Mot de passe
Répétez le mot de passe
Adresse e-mail
Répétez l'adresse e-mail
Captcha

btn adherer

btn fb offbtn tw offbtn in off

slideroccitanie

JARDINS POTAGERS AU HONDURAS

  Le passage du cyclone Mitch aux Honduras en octobre 1998 a laissé  une population dans une situation très critique. Les dégâts humains et  matériels énormes. Les récoltes ont été détruites entraînant de fortes diminutions des réserves alimentaires qui ne pourront pas être reconstituées facilement. Trouver des semences dans ces conditions se révèle quasiment impossible.

 

       
 

Rapport de la mission effectuée du 22/11/99 au  03/12/99

par Bernard Mages et Daniel Larregola pour le compte d’Agro Sans Frontières

 

 
 
   

Bernard Mages et Daniel Larrégola

 

 

 

 


SOMMAIRE

1 PRESENTATION GENERALE                                  

- liste des espèces expédiées

 

2 CALENDRIER DE LA MISSION

3 COMPTE RENDU PAR JOURNEE                                   

3.1 Collahar le 23.11.99                                            

  -3.1.1 Caractère général

   -3.1.2 Les jardins potagers                                                       

 

3.2 Santa Lucia le 24.11.99

   -3.2.1 Caractère général

   -3.2.2 Les jardins potagers                                                      

  

3.3 Bilan des journées à Collahar et Santa Lucia              

   -3.3.1 Conclusion                                                                 

3.4 Santa Rita ( Finca 10 et 11)  le 25.11.99                         

   -3.4.1 Caractère général                                                        

   -3.4.2 Les jardins potagers                                                    

   -3.4.3 Production de maïs

   -3.4.4 Production de palme africaine                                    

   -3.4.5 Production de bananes

   -3.4.6 Conclusion journées au Fincas

3.5 Santa Rita 25.11.99 fin de soirée  

   -3.5.1 Projet de jardin familial de Monsieur Lara               

3.6 Santa Rita le 26.11.99                                                     

   -3.6.1 Caractère général                                                       

   -3.6.2 Bilan technique potager                                           

   -3.6.3 Production de semences                                            

3.7 Suyapa  le 27.11.99

3.8 La Union le 27.11.99                                                  

   -3.8.1 Caractère général

   -3.8.2 Jardins potagers

3.9 La Union le 28.11.99

3.10 Conclusion de la visite à la Union                          

3.11 Suyapa le 29.11.99                                                   

3.12 Suyapa Vallée de Los Angeles                               

   -3.12.1 Jardins potagers

3.13 Suyapa le 29.11.99 Après midi

3.14 Léparérique le 30.11.99                                         

4 CONCLUSION GENERALE

 

1 PRESENTATION GENERALE

  Le passage du cyclone Mitch aux Honduras en octobre 1998 a laissé  une population dans une situation très critique. Les dégâts humains et  matériels énormes. Les récoltes ont été détruites entraînant de fortes diminutions des réserves alimentaires qui ne pourront pas être reconstituées facilement. Trouver des semences dans ces conditions se révèle quasiment impossible.

C'est la raison pour laquelle Agro  Sans Frontières en liaison avec les Sœurs de la Providence de la Pommeraie a proposé à la Fondation de France un projet de distribution de semences de potagères à destination des familles les  plus démunies. Ces semences potagères doivent permettre à ces familles de pouvoir « réinitier » les jardins familiaux qui restent la cellule fondamentale de base pour ces familles. L'aspect alimentaire des jardins familiaux est fondamental pour son apport sous forme de protéines, lipides, vitamines, fibres, etc. mais aussi  leur participation à la vie sociale de ces régions. De plus leur action doit contribuer au maintien des équilibres  environnementaux. Si ces gens sont dans la plus part des cas essentiellement des ruraux, ils ne maîtrisent pas toujours les techniques agricoles telles le compostage, la production ou la conservation des semences, etc.

La gestion des jardins familiaux reste dans la plupart des cas  le domaine des femmes qui trouvent là, le moyen de montrer leurs forces à une société où l’homme est souvent absent. Elles sont aussi plus à même d’être « conscientisées » par rapport à la mal  nutrition et à la dénutrition.

L'acceptation du projet pour la Fondation de France a donc conduit à la fabrication de 4000 coffrets de semences potagères renfermant chacun des sachets de semences

La fabrication des coffrets de semences potagères a été réalisée par société JTS Société des Jardins Tropicaux semences Angers. De plus Agro Sans frontière a assuré leur  envoi  au Honduras.

Préalablement à l'envoi des semences de nombreuses démarches ont été faites  aussi bien par Agro sans Frontières que par JTS  auprès de l'ambassade du Honduras en France, des services de la protection des végétaux pour  l'obtention des certificats phytosanitaires qui sont le document de base pour les transports internationaux.

Agro Sans Frontières, Action Contre la Faim et les Sœurs de la Providence de la congrégation du Honduras ont assuré la logistique de la distribution des coffrets de semences au Honduras.  Agro Sans frontières a assuré une première mission au Honduras afin de participer  et de vérifier la distribution des coffrets de semences potagères. Cette mission a eu lieu  pendant la période du 25 juin 1999 au 17 août 1999.

Une deuxième mission qui fait l'objet de ce rapport était prévue quelques mois après l'installation des jardins pour faire une évaluation de la situation  et apporter les conseils nécessaires.

 


LISTE DES ESPECES EXPEDIEES AU HONDURAS

 

ESPECE

PERIODE SEMIS

VARIETE

NOMBRE DE SACHETS

 
Pastèque

Fin période pluie

Sugar baby

1

Melon

‘’

Honey dew

1

Tomate

‘’

Rossol

Floradade

1

1

Choux de chine

‘’

Pak choi

1

Choux

‘’

Globe

Kopenhague

1

1

Betterave rouge

‘’

Plate d’Egypte

1

Laitue

Période sèche

Kagranner sommer

Sucrine

1

1

Radis

‘’

Pernot

2

Carotte

‘’

Nantaise améliorée

2

Navet

‘’

Marteau

1

Persil

‘’

Commun

1

Piment

Poivron

Période des pluies

Yolo wonder

1

Concombre

‘’

Marketter

2

Gombo

‘’

Clemson spinless

1

Amarante

Toutes périodes

Princess

BB9

2

1

Cives

‘’

Escalion

1

Tournesol

‘’

Soleil

1


2 CALENDRIER DE LA MISSION

Lundi 22 novembre 99 : départ de l’aéroport d’Orly pour le Honduras.

                                      Arrivée à San Pedro de Soula vers 18h30 heures locale.

                                      Accueil par les sœurs de la Providence et deux représentants de l’Association Culturelle Populaire du Honduras  (ACPH.

                                      Départ pour le village de Morazan où nous étions hébergés.

Mardi 23 novembre 99 : Départ de Morazan pour Collahar petit village de montagne au-dessus de la ville de Yoro dans le département du Yoro (deux heures trente de route) en compagnie de Monsieur Gummercindo responsable local d’ACPH et de son adjoint Monsieur Fransisco.

                                      Visite des potagers et prise en compte des pratiques et des productions agricoles locales.

                                              Retour à Morazan.

Mercredi 24 novembre 99 : Départ de Morazan  pour le village de montagne de Santa Lucia au-dessus de la ville de El Negrito (une heure trente de route) en compagnie des deux représentants d’ACPH.

                                      Visite des potagers et des productions locales

                                      Retour à la congrégation  

                                      Réunion de travail avec ACPH, bilan des deux journées.

Jeudi 25 novembre 99 : Départ de la congrégation des Sœurs de la Providence de Morasan pour leur congrégation de Santa Rita.

                                      *Milieu de matinée

                                      Préparation de la visite de l’après-midi avec les Finca 10 et 11.

                                      *Après midi

                                      Rencontre collective avec les Finca 10 et 11.

                                      Bilan de l’opération jardins potagers.

                                      Discussion de leurs besoins actuels en semences de maïs.

                                      Prise en compte de leurs projets de production de bananes et de palmes africaines.

                                      Visite des Finca.

                                      Retour à la congrégation et discussion d’un autre projet de jardin familial animé par Monsieur Idelfonso Lara  avec les Frères de la passion.

Vendredi 26 novembre 99 : En matinée réunion technique avec les responsables des Finca 10 et 11, sur le thème de la culture des légumes et de la production artisanale de semences.

                                       Après midi départ pour la capitale Tégucigalpa pour la maison centrale des Sœurs de la Providence quartier de Suyapa.

Samedi 27 novembre 99 : Passage au marché de la ville  pour voir les productions potagères locales et confirmer un rendez-vous avec les fermiers de Lépatérique.

                                          Départ pour la congrégation  des Sœurs de la Providence dans le village de montagne de la Union dans le département du Olancho (à quatre heures de route.

                                        

Après midi visite de jardins potagers dont celui de la Vina.

                                           (Jardin de la congrégation).

Dimanche 29 novembre 99 : Visite de jardins potagers.

                                          Discussion avec Monsieur Raoul Ruiz animateur de l’activité jardinage, qui a recréé chez lui un jardin intégré avec les espèces comestibles de la région (cacao, orangers, citronniers, bananiers, caféiers, patastés...).

Lundi 30 novembre 99 : Départ de la Union et retour à Tégucigalpa.

                                       Après-midi visites de jardins potagers autour de Suyapa  dans la Vallée de Los Angeles, notamment un jardin collectif géré par Monsieur Ruan Ramon.

Mardi 1 décembre 99 : Départ pour Lépatérique, région située à une trentaine de kilomètres de la capitale où sont produits une grande partie des légumes vendus sur les marchés de la capitale. Rencontre  avec Monsieur Pablo un des maraîchers locaux.

                                      Après midi déplacement en bus vers Santa Rita en vue du retour vers la France via l’aéroport de San Pédro de Sula.


3  COMPTE RENDU PAR JOURNEES

3.1 COLLAHAR le mardi 23 novembre 99  (carte n° 2)

3.1.1 Caractère général

Village à 810 m d’altitude  au-dessus de la ville de Yoro dans le département du Yoro. Il s’agit d’une région accidentée avec de toutes petites parcelles sur des terrains très caillouteux, ce qui complique beaucoup la production des cultures vivrières, qui sont basées essentiellement comme dans tout le pays sur la culture du maïs et du haricot rouge (photo n°17). A cette époque de l’année la culture de maïs est à maturité. Chaque plante est alors écimée juste au-dessus de l’épi pour faciliter le séchage et la récolte. Sous couvert de cette culture une culture de haricots est mise en place si le champ n’a pas été trop envahi  par les mauvaises herbes. Comme pour le maïs le semis se fait à la main. A l’aide d’une barre en bois dont l’extrémité inférieure est quelquefois munie d’un manchon de fer, les hommes font des trous dans la terre et y mettent 2 à 3 graines. Chaque année deux cultures de maïs et de haricots sont produites.

Il n’y a pas vraiment  de principe de rotation, on déplace les cultures en fonction de l’état du terrain après la saison des pluies sur des terrains toujours plus éloignés du village et toujours plus escarpés. Au moins une fois l’an avant les semis, les terres font l’objet d’un nettoyage à la machette (photo n° 26). Quand l’herbe et les arbrisseaux qui ont poussé sont secs, ils sont brûlés sur place. Etant donné qu’ils utilisent rarement de désherbant, il s’agit du seul moyen pour avoir des terres acceptables pour implanter des semis. Lorsqu’un désherbage  chimique  est réalisé  il s’agit d’un défoliant (paraquat) qui est appliqué à l’aide d’un pulvérisateur à dos. Les cultures sont binées à la main pour limiter l’envahissement rapide par les herbes. Les cultures de haricots et de  maïs ne semblent pas souffrir de parasites. La récolte s’effectue à la main et elle est acheminée à dos d’hommes ou d’animaux jusqu’aux maisons. Pour ces cultures le climat est le seul aléa important. Il peut entraîner des destructions partielles ou totales des cultures ou des pertes à la récolte du fait d’un mauvais séchage du grain.

Le stockage de la récolte est un problème important. De l’avis des techniciens d’ACPH qui nous accompagnaient, chaque année un tiers à la moitié de la récolte est perdu. Ceci est lié aux conditions de stockage elles-mêmes qui ne protègent pas assez le grain de l’humidité importante dans ces régions, elle provoque des moisissures et des pourritures. Une opération d’amélioration des conditions de stockage est en cours. Même si elle apporte des résultats très intéressants elle est relativement coûteuse pour des gens qui sont démunis. Il leur est proposé deux silos, (photo n° 13) capables  de stocker les besoins en maïs et en haricot pour une famille. Les silos sont construits et assemblés par des artisans du pays. Un système de pictogramme est affiché sur chacun  d’eux de façon à expliquer leur mode d’emploi.

3.1.2 Jardins potagers

Il faut tout d’abord signaler que le jardinage n’est pas une activité courante dans cette région. Mais cette initiative a été très bien reçue, les familles qui ont pu bénéficier de coffrets de semences se sont investies comme nous pourrons le voir plus loin. Etant donné la taille des graines et leurs modes de culture cette activité n’est pas comparable avec la culture du maïs ou du haricot  même si des enseignements ont pu en être tirés. Toutefois s’ils n’avaient pas l’habitude de jardiner, ils connaissaient la plupart des espèces qui leur ont été envoyées.

Hortalisa (jardin) de Rosalita, Paulo et ses enfants.

Il est important de signaler que le jardin était géré par toute la famille, ce qui n’est pas toujours  le cas. Cette activité est très souvent réservée aux femmes.

Dans ce jardin proche de la maison ce qui facilite son suivi, nous avons pu voir des cultures de salades, de tomates, de betteraves rouges, de radis, de navets, et de choux (Photo 11 et 12). Le jardin était clôt, ce qui évite la destruction des cultures par les animaux domestiques (poules, canards, cochons, chevaux) qui sont laissés en liberté du fait qu’ils doivent se nourrir par leurs propres moyens.

Hortalisa de Margarita Houbin

Sur un terrain très pentu  également proche de la maison, nous avons pu voir des cultures de carottes, de choux, et de radis ainsi que de piments. (Toutefois les piments font l’objet d’un parasitage par une larve à l’aisselle des bougeons qui provoque beaucoup de pertes. Etant donné la situation  il n’y a pas de solutions particulières pour se débarrasser de ces parasites.

Ce jardin était également clôturé, et des terrasses avaient été réalisées. Il est important que cette opération soit comprise, bien qu’elle soit fastidieuse et pénible, surtout au regard des moyens disponibles pour y parvenir. Il est impératif de maintenir la terre en place. Dans ces régions elle est facilement emportée par les fortes pluies. Sans terre il n’y a plus de possibilité de production et il ne faut pas oublier que les terrains cultivables sont rares.

Hortalisa de Bertha Urbin

Il s’agit d’un jardin implanté sur une partie plane dans le bas du village, en plus de quelques cultures locales, canne à sucre, yucca, haricot et maïs, nous avons vu une belle culture de radis sur billons. Cette technique permet d’obtenir une terre plus souple plus propice au développement des légumes racines. (Photo n° 18). La récolte des salades était terminée  ainsi que celle des concombres, des navets, des tomates, et des  choux. Des semis de poivrons de piments et de betteraves rouges  étaient entrain de lever. Sur une terre noire et dure, qui nécessite de nombreux binages, le résultat que nous avons pu observer était intéressant et encourageant.

3.2  SANTA LUCIA mercredi 24 novembre 99 ( carte n° 2)

3.2.1 Caractère général

Il s’agit d’un village de montagne en bordure de zones de forêt vierge au-dessus de la ville de El Négrito dans le département du Yoro. Sur des  terrains encore plus accidentés que la veille nous avons vu des cultures de très bonne qualité avec les semences envoyées par Agro Sans Frontière. (Photo 206 bis).  Ce village est également soutenu par les techniciens d’ACPH. Il est habité par des gens qui manifestement  maîtrisent correctement les techniques agricoles de base. La proximité de la ville leur permet de vendre des productions sur le marché local : des fèves de cacao, du café, des fruits et même aujourd’hui des légumes. Des cultures de café ont été implantées un peu partout autour du village sur l’initiative de l’association ACPH. A ce titre nous avons vu une belle pépinière de plants de café (Photo n° 205). Ici aussi tout le travail se fait la main sur culture de brûlis. Un travail de terrassement important à été réalisé sur de nombreux terrains.

3.2.2 Jardins potagers

Hortalisa de Rosita

Il s'agit de deux jardins clôturés organisés en petites terrasses (photo n°203 et 204). Pour des gens qui n'avaient pas l'habitude de jardiner, ce jardin démontre une bonne organisation et de nombreuses capacités. À ce jour tous les légumes avaient été récoltées, de nouvelles planches étaient en préparation. (Photo n°201). Contente du résultat la propriétaire du jardin souhaitait l’agrandir progressivement, un succès intéressant dans une zone où le jardinage n’était  pas à l’ordre du jour.

Hortalisa d’Emmanuel

Deux familles se sont réunies pour mettre en commun leurs moyens de production. Nous avons pu remarquer que ces familles maîtrisent  les productions de café ainsi que d'un certain nombre d'autres cultures qu'ils vendent sur le marché d’El Négrito : café, oranges, citrons...

Dans leurs deux jardins implantés l’un au milieu d’une nouvelle plantation de café (Photo n° 206 et 207) l’autre sur un brûlis en vue de la production de haricots, (photo n° 208,209,210) nous avons vu de belles cultures bien organisées et très productives (salades choux  radis...). Les concombres dont la récolte était terminée avaient donné de bons résultats. La qualité et quantité de la levée des espèces à repiquer (tomates piments poivrons choux et salades) allaient permettre d’effectuer des transplantations sur des surfaces importantes (plus d’une centaine de plantes par espèces) dans le but de la vente, ceci en plus de part la réservée aux familles. Ici aussi le bilan est plus que positif.

 

3.3 Bilan des journées à Collahar et Santa Lucia.

De retour à la congrégation nous avons tenu à faire une réunion de bilan avec les techniciens ACPH et les Sœurs de la Providence.

L’association avait reçu 200 coffrets à distribuer sur la zone d’action de Morazan.

Dans un premier temps nous avons tenu à souligner l'importance du travail qui a été effectué en amont pour assurer la réussite de cette opération.  Après un travail d'écoute et de relèves de notes techniques afin d’être sûr de comprendre la situation, nous avons repris toutes les étapes de la mise en place des cultures potagères de la préparation du sol jusqu’à la récolte. Les points forts sont mentionnés ci-dessous :

1)     Il est important que les jardins potagers soient implantés près des maisons afin de les faire vivre le plus possible.

2)     Les jardins ne doivent pas être d'une taille trop importante de façon à maîtriser progressivement l'ensemble des cultures. Mieux vaut faire petit et bien que de décourager par travail un  important et en fin de compte obtenir des résultats médiocres. 

3)     Il faut absolument que les jardins soient clôturés afin d’éviter  leur destruction par les animaux domestiques qui sont laissés en liberté.

4)     Etant donné le profil très accentué des terrains il est indispensable de travailler en terrasses. Il faut également assurer leur maintien sur les côtés et mettre en place des rigoles de récupération de l’eau afin de limiter l'érosion et le lessivage des terres.

5)     Mieux vaut faire des semis clairs que trop denses, ceci afin d'obtenir des plants à repiquer plus fort ou bien d'éviter d'effectuer des éclaircissages qui seront autant de plantes perdues.

6)     Par soucis d'économie de semences, mieux vaut partager un sachet entre deux jardiniers et effectuer un échange pour un deuxième semis, lorsque la quantité de semences dans un sachet est trop importante pour un seul semis par une seule famille.

7)     Pour faciliter les semis il peut être conseillé de mélanger la quantité nécessaire de graines avec la valeur d'un verre de terre fine et sèche ou de sable fin et cendre. Il sera plus facile de répartir cette masse plus importante sur la ligne de semis et la cendre marquera au sol.

8)     De façon à être prêt à repiquer des plants dés que la saison le permet, il est possible d'envisager d’effectuer des semis à l’abri dans des barquettes, des boîtes ou des sachets de toutes sortes. (Exemples photo n° 7 semis de poivron, photo n°).

9)     Effectuer des semis décalés pour étaler la récolte sur des périodes plus longues.

10) Pour les semis en place il peut être envisagé de protéger la levée avec des feuilles de palmier. Ces feuilles seront retirées dès la levée des premières plantules. Par la suite ces même feuilles pourront être  arquées au-dessus des cultures afin de les protéger des intempéries.  Les pluies abondantes compactent le sol ce qui gène la levée des graines ou endommage les jeunes plantes.

11) Afin de limiter le binage, le desherbage voire les arrosages il est  possible d’envisager un paillage les plants avec des herbes sèches ou des feuilles. Toutefois il faut veiller à ce que les herbes n'aient pas produit de graines afin d'éviter d’ensemencer  le sol avec des graines d’adventices. De plus petit à petit le paillage se décomposera et viendra enrichir le sol.

12) Pour gagner de la place il est possible de faire grimper les plants de concombres et de cornichons  sur des supports artificiels piquets, branchages. Ceci aura pour deuxième conséquence de faciliter la récolte et un meilleur état sanitaire des fruits.

13) Une culture d’aubergine sous ces climats peu durer une année. Il suffit de receper la plante lorsque les fruits deviennent trop petits.

14) Pour les légumes racine, il est conseillé d’effectuer des semis sur des billons afin de conserver au sol la structure  plus meuble pour favorisant le développement des organes de réserve. Cette technique peut être aussi envisagée pour les autres types de semis pour éviter des asphyxies hydriques, la surélévation des plantes pourra leur éviter un dépérissement.

15) Etant donné l'absence d'engrais et d'apports organiques il sera indispensable à terme d'envisager la fabrication de  compost. Cette technique est connue des techniciens ACPH. Toutefois étant donné  l'absence de moyens de transports  la production de ce compost devra se faire le plus proche possible de son lieu d'utilisation. On veillera à ne pas fabriquer de compost avec des plantes dont les graines sont matures.

Même s’il est possible de cultiver la plupart des espèces toute l’année, certaines périodes sont plus favorables que d’autres. Le calendrier joint dans chaque colis est suffisamment clair. Toutefois il est facile de produire toute l’année des radis. Nous avons même entrevu la possibilité de produire sous des abris de fortune  (cabanes ouvertes avec un toit de feuilles) soit directement dans le sol ou dans des bacs, des cultures de concombres de salades, d’aubergines, de poivrons, de tomates et de choux. Même s’il s’agit d’une production encore plus restreinte, elle n’en est pas moins importante dans une alimentation basée uniquement sur le haricot et le maïs.

 

Conclusion

Le bilan est bien meilleur qu’on nous l’avait laissé croire. Il ne faut pas oublier que le jardinage n’était pas une pratique locale. Les résultats démontrent une volonté d’y parvenir. Les premières règles de base sont globalement respectées (clôture  des jardins, travail en terrasse) ce qui demande déjà un travail important. Les structures mise en place par ACPH et les Sœurs de la Providence sont là pour appuyer et motiver les gens. Il serait dommage de ne pas persévérer. Les résultats moyens observés sont bons. Avec peu de conseils supplémentaires il devrait y avoir une forte amélioration. De plus avec le temps les jardins prendront de l’ampleur. Les échecs que nous avons pu constater sont essentiellement le fait d’un climat capricieux  (fonte des semis, destruction de cultures…) et non d’un manque de travail ou de volonté.

 A ce jour dans ces secteurs les semences des espèces suivantes sont quasiment épuisées : laitues, radis, carottes, navets, tomates, poivron, aubergines, amarante, persil, choux, concombres.  Les espèces qui ont donné les meilleurs résultats sont les radis, les navets, les choux, les laitues, les carottes, les poivrons et dans une moindre mesure : les tomates (essentiellement à cause d’un excès de pluie), le piment (problèmes de parasites), la betterave rouge. Le gombo bien que productif n’est pas consommé car il est trop peu connu, ainsi que l’aubergine. En revanche la production de l’amarante  est décevante. 

Aujourd’hui il ne reste généralement plus à semer que les melons  les pastèques  les poivrons et quelques aubergines.

 Dans ces deux régions de Collahar et de Santa Lucia il sera difficile d’envisager une production de semences. Toutefois si l’activité jardinage est encore soutenue, elle devrait permettre quelques ventes de légumes (comme cela est déjà le cas à Santa Lucia) pour envisager l’achat de semences. Mais l’association ACPH ayant une envergure nationale, il se pourrait quelle intervienne dans des régions où une production semencière puisse être envisagée, et quelle vienne en appui aux régions défavorisées sur ce point.

Si la vente de légumes se confirme, ne serait ce que pour pouvoir se réapprovisionner en semences, ACPH pourrait peut être prévoir aussi un achat collectif et assurer la répartition et la vente de nouvelles semences.

Quelques exemples de prix : au cours actuel un lempira équivaut à 0,46 francs.

480 grammes de café (une livre hondurienne) sont payés 3 à 4 lempiras au producteur.

5 oranges                                                                             5         //                 //

une botte de radis                                                                3         //                 //

 3 grammes de semences de radis  soit la quantité nécessaire pour un semis pour une famille (environ 300 graines) coûtent environ  15 lempiras.  La vente de quelques bottes peut permettre l’achat de nouvelles semences. Pour chaque espèce la logique est la même.

NB : La qualité des semences française a été soulignée. Un taux de germination élevé est souvent à l’origine de semis trop denses car les Honduriens ne sont pas habitués à disposer de semences d’aussi bonne qualité.

3.4 SANTA RITA  (Finca 10 et 11) jeudi 25 novembre 99 après midi (carte n° 2)

3.4.1 Caractère général

Il s’agit d’une région de grandes plaines où les cultures industrielles de la canne à sucre et de la banane occupent la majeure partie des terres.

Au Honduras une loi de réforme agraire autorise l'installation de colons  sur la partie des terres non cultivées ou non mises en valeurs des exploitations qui excèdent 250 hectares.  Les colons doivent alors justifier de leur mise en valeur pour pouvoir s’y installer définitivement. Nous avions rendez-vous avec les responsables des Finca 10 et 11, deux communautés qui se trouvent dans cette situation. Nous avons été accueillis par de nombreuses familles qui avait tenu à être présentes pour signifier  l’importance qu’avaient pour eux les semences qui leur avaient été envoyées. Chacun de ces groupes est constitué d'environ 60 familles ce qui représente environ 720 personnes. Chaque famille avait donc reçu un colis de semences. Une réunion a été organisée avec les représentants de chacun des deux groupes. (Photo n° 217). En plus du projet jardin potager familial nous étions informés de leur projet de production de palme à huile et de bananes.

3.4.2 Jardins potagers

En raison des conditions climatiques depuis l'expédition des semences quasiment  toutes les cultures potagères ont été perdues. Des pluies exceptionnelles ont provoqué des inondations (de plus suite au passage du cyclone Mitch le réseau hydrique naturel a été modifié, volume, débit, étalement…). Les digues qui avaient été bâties pour protéger les jardins n’ont pas résisté. A ce jour bien que les inondations soient terminées les excès de pluie n’ont pas permis de mettre en place les derniers semis qui auraient pu l’être (melons, pastèques, tomates).  Ils ont délibérément préféré attendre une période climatique plus stable afin de ne pas gaspiller les semences. De ce fait nous n’avons pas pu voir de jardins. Une nouvelle réunion commune avec d’autres groupes devant avoir lieu le lendemain sur le thème du jardinage, nous avons jugé plus utile de détailler  leurs autres projets, et de visiter leurs terres plutôt que de prolonger la discussion sur les jardins. Bien sûr, il n’est pas question d’abandonner ce projet jardinage. Les gens sont conscients de l’aide que cela leur apporte. La motivation reste entière malgré l’échec actuel. Il est envisagé de  déplacer les jardins et de consolider les digues.

3.4.3 Production de maïs

Comme nous l'avons dit précédemment des pluies abondantes et les inondations ont provoqué la perte de la totalité de la récolte de maïs et de presque toute la récolte potagère. Or le maïs est à la base de la nourriture et des revenus de ces deux groupes. Ils se trouvent donc dans l'obligation d'acheter de nouvelles semences de maïs et mettre en place une nouvelle culture. Après la perte de leurs récoltes et suite aux problèmes liés au cyclone Mitch ces deux communautés n'ont plus la possibilité de financer l'achat de semences ni  de financer les intrants nécessaires.

Les Finca 10 et 11 ont donc besoin d’une aide d’urgence afin de mettre en place cette culture. Cette aide est d’autant plus importante qu’elle soit à la base de leur survie alimentaire, mais aussi pour leur permettre de justifier la mise en valeur des terres auprès de l’état, et donc de pouvoir s’installer définitivement sur ces terrains qui n’étaient plus cultivés.

Une culture de maïs coûte environ 2000 lempiras par manzana. Soit environ 1000 francs pour 0,75 hectares. Pour permettre la survie de ces communautés soit 720 personnes 122 manzanas  doivent être mise en place. Ce qui représente une aide de 122000 francs pour  91,5 hectares. A raison de 15 livres honduriennes par mansana au prix de 30 lempires chacune cela représente un investissement de 25254 francs seulement pour les semences. Afin de nous assurer de la réalité de ces chiffres nous avons tout au long de notre séjour fait des recoupements avec d’autres groupes dans d’autres régions.

Cette aide est vraiment cruciale, même accordée partiellement elle serait vraiment très appréciée. La Congrégation des Sœurs de la Providence qui connaît bien ces deux groupes et qui a l’habitude de gérer la distribution de fonds ou d’aides matérielles pourrait assurer leur répartition au fur et à mesure des besoins pour la mise en place de la culture.

3.4.4 Production de palme africaine.

Une production en l'expansion au Honduras. Elle est soutenue par l’Etat car elle fait rentrer  des divises. Cette culture est destinée à la fabrication de matière grasse végétale alimentaire car il y a très peu de matière grasse animale produite dans les pays de cette zone. Nous avons vérifié l'exactitude de ces informations afin de ne pas  encourager de projets  non viables. Il existe sur place une structure qui s’appelle Hondu-palme qui gère cette production de façon  intégré, c'est-à-dire de la fourniture des plants jusqu’à transformation de la récolte. De plus Hondu-palme assure la formation et le conseil technique pour tous les producteurs.

Un plan d'investissement a donc été réalisé pour la mise en place de cette culture de palmes africaines. (Voir étude détaillée sur 4 années).

La durée de vie d’une plantation est de 25 ans. La culture serait  implantée sur les anciennes bananeraies qui sont des terres fertiles et irrigables.

Le projet serait de mettre en place 200 manzanas soit 150 hectares. Sachant qu’il faut 135 plants par hectares, il faudrait acheter 20250 plants au prix de 47 lempiras pièce (renseignement vérifié auprès de hondu-palme) cela représente un investissement de 951750 lempiras (au 25/11/99  un dollar s’échangeait contre 14 lempiras soit 6,44 francs soit 0,46 francs pour 1 lempira). Le montant de cette opération s’élèverait donc à 437805francs.

Les Finca solliciteraient une aide pour l’achat de ces plants. Cela leur permettrait de développer une agriculture qui dépasse le stade de l’agriculture vivrière, de faire valoir leurs droits sur les terres qu’ils exploitent, et d’améliorer leur situation sociale. (Habitat convenable, pallier la mal nutrition  et à la dénutrition, meilleure scolarisation des enfants…).

La plantation de la palme africaine pouvant s’effectuer jusqu’en février il est encore temps pour envisager une opération. Cela éviterait d’attendre un an pour retrouver une période favorable à la plantation, ceci contrairement à la plantation de bananiers dont la période de plantation vient de se terminer.

3.4.5 Production de bananes

Comme nous venons de le voir les Finca ont envisagé de produire de la palme africaine, par soucis de diversification, elles souhaiteraient aussi remettre en place des cultures de bananes.

Cette culture ne leur est pas inconnue puisque la plupart des hommes de ces deux collectivités ont travaillé dans les bananeraies avant le passage du cyclone. Bien sûr il s’agit d'une culture plus spéculative. Comme pour la palme africaine les Finca sollicitent une aide pour l’achat des plants. Il pourrait être mis place 200 manzanas soit 150 hectares de bananiers. A raison de 700 plants par manzanas, ce qui représente un besoin de 144000 plants. Au prix  de 3,5 lempiras le plant l'opération se monterait 490000 lempiras soit 225000 francs. Comme pour le projet de palme africaine l’apport de l’aide pourrait être géré par les Soeurs de la Providence.

3.4.6 Conclusion

Nous avons à faire à deux groupes de personnes qui connaissent le travail de la terre. Des gens très motivés pour la défense de leurs intérêts et qui ont pris l’habitude de travailler ensemble. En effet lors de l'occupation des sols une partie des terres a été attribuée individuellement à chaque famille le reste est travaillé collectivement. Les études qu'ils ont réalisé sur la palme africaine montre la capacité d’organisation de   gestion et d'innovation. Ces gens sont d'autant plus motivés  qu’ils viennent de perdre leur culture  de maïs et qu'ils doivent  justifier de la mise en valeur des terres qu’ils ont récupérées sur celles des ‘grands propriétaires’. Des terres que la réforme agraire  leur permet de récupérer.

Leur survie passe donc par le maintien de l'activité du jardinage familial, la mise en place d’une nouvelle culture de maïs, et la possibilité de produire de la palme africaine et de la banane. La visite sur le terrain confirme les potentialités annoncées. Des terres riches et irrigables.

3.5 SANTA RITA jeudi 25 novembre 99 en soirée (carte n° 2)

Projet jardin familial de Monsieur LARA

A notre retour de la visite des Finca nous étions attendus par Monsieur  Idelfonso Lara qui souhaitait nous entretenir de son projet de développement de jardin familial dans des zones gérées par les Frères de la Passion. Il a recueilli de nombreuses informations techniques bien ciblées et adaptées au terrain. Son projet est  bâti sur la mise en place de jardin  de démonstration en complément de cours de jardinage. Cet avant-projet parait être intéressant, Monsieur Idelfonso doit nous faire parvenir un état du matériel et des besoins pour mettre en place ce projet.

3.6 SANTA RITA vendredi 26 novembre 99 (Carte n° 2)

3.6.1 Caractère général

Sur l’initiative des Sœurs de la Providence une réunion était organisée sur le thème du jardinage et de la production semences avec les représentants des Finca 10 et 11 ainsi que des représentants des villages de montagne situés autour de Santa Rita. (Il faut noter que ces derniers ont mis plus de cinq heures pour rejoindre le point de rendez-vous. Cela donne une idée de leur motivation).  Les Sœurs avaient distribué 82 coffrets de semences dans ces villages de montagne. Nous avons passé en revue chacune des espèces pour que chacun puisse faire état de son expérience et que nous puissions apporter les conseils techniques nécessaires.  (photo n° 312 et 315). Les constatations techniques sont les suivantes.

3.6.2 Bilan technique

Région des plaines (Finca )

Région des montagnes

SALADES

L’espèce est connue de tous, il semble que la variété kragranner sommer soit moins appréciée et moins adaptée au milieu. Elle aurait tendance à monter rapidement.

RADIS

Ils sont consommés en racine et en feuilles, confirmation du fait  que cette culture est très appréciée car elle donne des légumes très rapidement (3 semaines) et toue l’année.

CAROTTES

Un vif intérêt est porté à cette espèce. Des conseils techniques de semis ont été donnés (confer bilan journées avec ACPH)

Les cultures ont été détruites par les inondations

Semis trop denses carottes de petite taille

NAVETS

Cette espèce est mal connue, une information technique a été donnée, ainsi que des conseils culinaires par les Sœurs de la Providence.

Aucun semis à ce jour

Semis réalisés mais production non consommée

PERSIL

Malgré les difficultés à la levée que présente cette espèce elle à donnée des résultats satisfaisants

PIMENTS

Condiment très apprécié

Des plants qui ont été sauvés des inondations quelques ventes ont pu être réalisées

Non semés car la période n’était pas encore assez chaude

CONCOMBRES

Quelques conseils de cultures ont été donnés (voir réunion bilan avec ACPH) les résultats son bons quand ils sont faits dans de bonnes conditions.

Les plants qui ont pu être sauvés ont donné une récolte correcte.

Les premiers semis ont été infructueux, il faut les décaler sur des périodes moins pluvieuses.

MELONS et PASTEQUES

Aucuns semis de réalisés, on arrive seulement dans la période favorable.

TOMATES

Cette espèce est bien connue et ne semble pas poser de problèmes particuliers.

CHOUX

Il s’agit d’un des légumes le plus apprécié et consommé. Bien que cette espèce préfère la fin de la période des pluies, les semis réalisés pendant la période des pluies ont donné de bons résultats, c’est  une information intéressante car elle permet d’envisager la production du chou sur une période plus longue.

Du fait des inondations les résultats ont été très médiocres

Un succès salué.

BETTERAVE ROUGE

Même remarques que pour le navet.

AUBERGINE

Espèce connue, mais culture mal connue. Une information technique et culinaire a été donnée (voir réunion bilan avec ACPH). Par d’autres groupes nous savons que cette culture offre une production intéressante.

AMARANTE

Les résultats sont irréguliers et ne donnent pas les résultats escomptés, de plus ils ne savent pas comment la consommer. L a reconduction de cette espèce n’est pas à envisager.

Avec les gens des Finca nous avons à faire à de vrais agriculteurs bien qu'ils n’aient pas l’habitude de faire du jardinage. Nous avons pu constater qu’ils  maîtrisent les techniques de base nécessaire pour mener à bien leurs jardins. Avec les gens des montagnes la situation se rapproche de celle que nous avons observée à Collahar. Nous pouvons confirmer  qu’ils comptent tous beaucoup sur le jardin familial pour améliorer leur ordinaire voire envisager la vente de quelques légumes. L’opération qui est en cours est concluante. Avec peu de conseils supplémentaires des progrès importants seront faits. Ceci d’autant plus que petit à petit les jardins seront  structurés.

3.6.3 Productions semences.

Nous avons rencontré dans les gens des Fincas, deux groupes Finca 10 et 11 qui  de par leurs connaissances agricoles et de par leur implantation climatique et géographique pouvaient envisager une production artisanale de semences potagères. Aussi sans plus attendre nous avons discuté espèce par espèce des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Il ne s’agit pas de mettre en place une production importante, mais une production qui devrait permettre au moins de reconstituer les besoins annuels.

A partir des semences fournies par la France, car nous ne disposons d’aucune information technique sur les semences vendues sur place, une production de semences est déjà envisageable pour les espèces suivantes : Les radis, les navets, les pastèques, les melons, les tomates, les concombres, le gombo et les choux. Pour chacune de ces espèces nous avons pu constater leur aptitude à produire des graines viables. Pour les laitues, les betteraves rouges, les carottes, le persil, le poivron, le piment et les cives nous manquons d’informations. Nous leur avons demandé d’effectuer certaines observations pour que nous puissions leur donner les conseils à suivre s’il advenait qu’une production de semences soit possible. En ce qui concerne l’aubergine une production de semences est possible, mais on ne peut pas partir de la variété qui leur a été donnée puisqu’il s’agit d’une espèce hybride.

Conseils pratiques :

1)     En vue d’une production de semences il faut effectuer des semis très clairs  de façon à obtenir un développement maximal des plantes.

2)  Il faut s'assurer que les plants arrivent à maturité dans une  période sèche de façon   récolter des graines avec un avec un taux d'humidité le plus bas possible, gage important de leur conservation.

2)     Ne récolter  des graines que sur des plantes saines.

3)     N’effectuez la récolte que par temps sec.

4)     Pour les graines de radis, de navet, choux, un triage par ventilation pourra être effectué comme il est fait pour les  semences de maïs.

5)     Pour les semences de tomate, de concombre, de melon et de pastèques on ne récoltera que des fruits bien formés et parfaitement mûrs. Après avoir incisé les fruits ont récupérera les graines et on les lavera pour les débarrasser de leur mucilage.  On fera alors un tri par flottabilité de façon à ne récupérer que les graines lourdes.

6)     Toutes les graines seront séchées à l’abri. Lors du séchage veiller à ce que les graines soient bien espacées. En effet si des moisissures apparaissent, il sera facile d’éliminer les graines concernées et d’éviter la contamination.

7)     Il sera possible une fois le séchage terminé d’effectuer un traitement de semences, comme il est fait pour la préparation des semences de maïs.

8)     Le stockage se fera par  petites quantités dans des emballages propres et hermétiques. Des petits pots de bébé feront parfaitement l’affaire. (Il est possible de s’en procurer sur place.)

9)     Il faudra vérifier régulièrement que les graines restent saines (pas de développement de moisissures) sans ouvrir les emballages. Si des moisissures apparaissent, on jettera les semences et on nettoiera l’emballage s’il est récupérable.

10)On n’oubliera pas d’effectuer un étiquetage avec le nom de l’espèce et la date de récolte.

11)Quelques  jours avant la période de semis il sera effectué un contrôle de la germination comme il est fait pour le maïs.

12)Un coordonnateur sera nommé pour organiser ces travaux.

13)Dans un premier temps il faut que dans chaque groupe de nombreuses petites productions de semences soient faites de façon à multiplier les chances de succès et multiplier les expériences. De toute façon il sera récolté plus de graines qu’il n’en faut, ainsi un échange pourra avoir lieu entre les familles.

14)Tous les trois  ans il faudra se réapprovisionner en achetant des semences. En effet dans le système de production de semences décrit précédemment il ne comporte pas de schéma de sélection conservatrice de façon à maintenir d’année en année le standard des variétés. Cela serait trop fastidieux et demanderait une formation beaucoup trop longue, un travail complexe incompatible avec les besoins du moment. Ces variétés pourront être multipliées pendant  environ trois ans on notera une certaine une dégénérescence mais elle sera compatible avec les objectifs retenus.

15)Il n’est pas possible de reproduire ce schéma de multiplication de semences à partir de variété hybrides. Lors du renouvellement des semences veiller à ce critère si l’on souhaite continuer dans cette voie. De plus il ne peut être multiplié que des variétés qui ne sont plus sous licences, dans le cas contraire il faudrait l’accord de l’obtenteur. Pour les variétés données par la France il n’y a pas de problèmes particuliers excepté pour d’aubergine  qui est une variété hybride.


3.7 SUYAPA samedi 27 novembre 99 marché de Tegucigalpa (Carte n° 3).

Ce petit détour avant le départ pour la Union, avait pour but de confirmer un rendez-vous, et de voir les légumes produits par les maraîchers de la région. (Photos n°404 et 405). De nombreuses espèces sont disponibles dans diverses variétés. (Choux, navets, concombres, radis, salades, carottes, tomates, pommes de terre en petites quantités, melon, pastèques, ail, oignons, moutarde, persil, même quelques poireaux, ainsi que tous les légumes typiques du pays comme le patasté.). A cela s’ajoute toute la production des agrumes de la région.

3.8 La UNION samedi 27 novembre 99 après midi (Carte n° 3)

3.8.1 Caractère général

Il s’agit d’un village de montagne situé dans le département du Olancho à quatre heures de route de la capitale. Nous étions reçus dans un des foyers des Sœurs de la Providence qui ont distribué 300 coffrets dans cette zone.  Elles bénéficient sur place de l’appui d’un guide du parc naturel régional de la Muralla Monsieur Raoul Ruiz. Il s’agit d’un homme très dynamique  qui possède de bonnes connaissances agronomiques, et  passionné par ce qu’il fait. Dans cette zone le haricot et le maïs sont encore à la base de l'alimentation. Ici aussi il n'y avait pas de tradition de production potagère. Un important travail d’information avait été réalisé : sur l’importance de la protection des sols, la nécessité de clôturer les jardins, les techniques culturales,  et la consommation des légumes.  La mise en place des jardins familiaux fait partir d’un projet d’émancipation des femmes. (Voir projet joint en annexe projet global, et comptes rendus d’information). Ce sont les Sœurs de la providence qui le gèrent.

3.8.2 Jardins potagers

Hortalisa de la communauté des Sœurs de la Providence à la Vina.

Ce jardin est géré par la famille chargée de l’entretien des lieux. Au paravent il n’y avait pas de jardin. Les travaux ont commencé par la mise en place de terrasses et un épierrage pour améliorer la structure du sol. A ce jour il ne restait que des cultures de cives, quelques pieds de tomates et de choux. Il ne restait à semer que les melons et les pastèques. Toutes  Les autres productions ont été épuisées ou arrivaient à leur terme. Les enfants étaient fiers de nous montrer les résultats obtenus (photo n° 418). En effet la famille avait tenu à associer les enfants à la réalisation du jardin. Nous avons pu voir de belles planches de carottes (photo n° 416) de cives (photo n°417).

Hortalisa de Rosa

Il s’agit d’un jardin en contre bas de la maison qui mériterait d’être clôturé afin de le protéger du vagabondage des animaux domestiques.

Ce jardin présentait de belles productions de salades,  de choux,  de concombres, et de radis.

Des betteraves rouges étaient entrain de lever. Il était envisagé de mettre en place une nouvelle culture de tomates, ainsi que des melons et des pastèques.

Hortalisa de Binda

Il s’agit certainement d’un des plus grands et des plus beaux jardins que nous ayons vus.  Celui-ci est réalisé sur plusieurs parcelles proche de la maison. Nous avons remarqué des productions abondantes de tomates, de choux, de salades, de concombres, de radis, de piments, et de betteraves rouges. (Photos n° 423,424,425). Il ne restait plus à mettre en place  que les melons et les pastèques.  Ce jardin est incontestablement une réussite.

Hortalisa de Maria

  Comme précédemment il s'agit d'un jardin installe à coté de la maison sur un terrain  moins propice au jardinage, malgré cela  les résultats obtenus étaient intéressants. Il ne restait plus que quelques plants de  salades de choux  d’une taille appréciable et des radis. La terre était préparée pour mettre en place les melons et les pastèques.

 

3.9 LA UNION dimanche 28 novembre 99 (carte n° 3)

 Monsieur Raoul Ruiz  animateur de  l’opération jardinage nous a rejoint pour nous nous accompagner dans une nouvelle visite des potagers dans le village même de la Union.

 Nous avons visité une dizaine de jardins tous accolés aux maisons. Tous ces jardins étaient clos sur des terrains assez difficiles à travailler. Malgré cette difficulté les résultats obtenus sont satisfaisants. Comme partout il ne restait généralement  plus que quelques choux, salades et concombres  (exemple photo n° 506). Les melons et les pastèques attendaient d’être semés. Parmi ces jardins celui de Monsieur Raoul Ruiz présente un intérêt particulier. En effet au de la réussite de son jardin potager (voir sa culture de concombres photo n° 507), il nous a présenté son jardin tropical intégré. Il s’agit d’un jardin dans lequel il a regroupé de nombreuses espèces locales en recréant leur habitat naturel de façon à favoriser leur croissance et leur production. Ce jardin ressemble à une petite forêt miniaturisée. On y trouve différentes espèces d’orangers, de citronniers, de pamplemousses, de caféiers, de cacao, etc.… qui constituent une source importante de nourriture tout au long de l’année. Ce travail est fort instructif. Il se propose de le faire découvrir, et d’offrir son expérience. Toutefois il faut plusieurs années pour parvenir à un tel résultat.

 

3.10 Conclusion de la visite des jardins de la Union.

 Avec Monsieur Raoul Ruiz nous avons effectué un bilan espèce par espèces.

 Les choux, les carottes, les concombres, le persil, les aubergines, les betteraves rouges et les radis donnent de bons résultats. Les cives donnent des résultats moyens. Pour les salades, même remarque que dans les autres régions, la variété kragranner sommer  semble moins adaptée. Le navet pousse bien, mais il est mal connu. Les tomates et les poivrons ont donné des résultats mitigés. Il faudrait certainement décaler la période de plantation. Nous avons vu de belles cultures de Gombo et d’amarante mais ces deux espèces bien que mal connues ne font pas l’unanimité de ceux qui en ont consommé.

Les Sœurs de la Union vont continuer de développer des recettes de cuisine pour apprendre aux femmes à cuisiner les légumes qu’elles connaissent mal et à mieux équilibrer leur alimentation.

On estime que 85% des jardins ont été un succès. Comme avec les techniciens d’ACPH avons passé en revue les techniques de jardinage. Les remarques étaient sensiblement les mêmes. (Voir bilan journées avec techniciens ACPH).

Nous avons même discuté de la possibilité de produire des semences. Cette région semble moins propice que celle des Fincas. Les hommes n’ont généralement pas suffisamment de connaissances agronomiques pour envisager une telle production. Par contre Monsieur Raoul Ruiz  est capable de gérer une telle activité. Ne disposant pas de suffisamment d’information sur le comportement local des plantes, nous avons convenu des observations à mener avant de commencer toute production.  La présence  d’un technicien tel que Monsieur Ruiz, la structure mise en place par les Sœurs (matériels et humains), et la motivation des habitants constituent une base suffisamment solide pour envisager une production artisanale de semences si les observations demandées confirment cette possibilité.

3.11 SUYAPA  lundi 29 novembre 99 midi (Carte n° 3)

 Nous avions rendez-vous avec les responsables nationaux de l’association ACPH à la maison centrale des Sœurs à Suyapa. Nous avons attendu en vain, ce qui est bien dommage car nous aurions pu développer les discussions entamées avec leurs collègues de Morasan.

3.12 SUYAPA VALLEE DE LOS ANGELES  lundi 29 novembre 99 après midi

(carte n° 3)

 Dès notre retour  à la capitale nous sommes allés voir d’autres jardins dans le secteur de la vallée de Los Angeles au nord-est de la capitale. Il s’agit d’une région très aride, très accidentée.

3.12.1 Jardins potagers.

 Après avoir visité un jardin individuel qui arrivait en fin de production, nous nous sommes surtout attardés sur un jardin collectif. Ce jardin regroupe 14 familles, Monsieur Ruan Ramon est plus particulièrement chargé de son animation.

 Sur une terre compacte, battante, des cultures de choux, salades, de radis, de concombres et de carottes ont été produites. Le champ est clôturé. La terre est  labourée à l’aide de bœufs prêtes par des amis. Les récoltes ayant été bonnes, notamment celles de carottes, une nouvelle culture (photo n° 518) avait été implantée avec des semences achetées chez un grainetier local. Monsieur Ramon soulignait la moindre qualité des semences achetées par rapport aux semences françaises. Une culture de pommes de terre était entrain de lever. En raison de la structure du sol nous craignons que cette culture ne soit pas adaptée à ce type de sol.  Afin d’améliorer la structure du sol il est envisagé de mettre en place une production importante  de compost.  Un bassin d'irrigation avait été aménagé sur la partie haute de la parcelle de façon à profiter de la gravitation naturelle pour irriguer les cultures. Aujourd'hui ces familles auraient besoin de trois moto- pompes  pour remplir ce réservoir. Elles  sollicitent une aide pour acheter cet équipement. Le montant global de cette aide  élèverait à environ à dix mille trois cents francs.

Ce  groupe envisage de produire des semences, de concombres, de tomates, de melons, de pastèques, et de carottes. L’expérience qu’ils en ont semble rendre cette opération possible. Toutefois comme dans tous les cas où l’on souhaite  produire des semences il ne faut pas oublier qu'on immobilise le sol pour une période beaucoup plus longue ce qui limite forcément  le nombre de rotations donc la production globale. Des économies ne sont pas forcément réalisées. A titre d’exemple pour une production  de semences de carottes on immobilise le sol pendant cinq mois et demi au lieu de deux mois et demi à trois mois. Lorsque toutes les conditions ne sont pas remplies pour produire facilement des semences il vaut parfois mieux envisager une production  de légumes un peu plus importante dans la perspective d’une vente.  Toutefois avons passé en revue une méthodologie de production artisanale de semences, ainsi que les techniques de jardinage, comme nous l’avons fait avec les autres groupes.


3.13 SUYAPA lundi 29 novembre 99 (Carte n° 3)

Nous avons rencontré Madame Rusta qui est une femme très dynamique malgré ses handicaps physiques.  Elle est à l’origine d’un four qui permet d’économiser de 25 à 50 % de bois. Ceci représente une économie d’environ un demi à un mois de salaire moyen, ce qui est considérable. Elle est aussi responsable d’une banque d’entraide avec l’aide de l’association humanitaire CARITAS, et elle participe à la gestion d’une coopérative d’achat de produits alimentaires.  En plus de cela elle s’occupe d’un groupe d’une soixantaine de femmes dans son quartier. Chacune d’entre elles a reçu un coffret de semences.  Nous lui avons demandé de nous communiquer le bilan de l’opération jardinage. Au départ il y a eu un important travail de formation tant sur le plan des techniques de jardinage que culinaire, car il fallait inciter les gens à modifier leurs comportements alimentaires. Il s’agit de tous petits jardins dans des conditions parfois difficiles et éloignés des maisons. Malgré cela le résultat est la ! Il y a une forte demande pour que l’opération lancée par Agro sans Frontière soit renouvelée.

3.14 LEPATERIQUE mardi 30 novembre 99 en matinée (carte n° 3)

 Les Sœurs de la Providence nous ont conduit  à La Bréa à la rencontre de Monsieur Pablo qui est un des maraîchers de la région de Lépatérique à l’ouest de la capitale. Cette région produit  90% des légumes vendus sur les marchés de la capitale. Cette région propice au maraîchage se trouve à 1500 mètres d’altitude, sur des terrains fertiles. Tout le travail se fait à la main. Seul le labour est effectué avec des bœufs (photo n°520).

Soixante  coffrets de semences ont été distribués  dans ce secteur. Ils devaient  permettre aux  maraîchers de diversifier leurs alimentations, car la production maraîchère en vue de la vente est essentiellement basée sur le chou, la carotte, les brocolis et les productions locales comme le patasté (photo n° 519).  Après le passage du cyclone toutes les cultures ont été détruites. Les maraîchers ont été obligés d’acheter des légumes à l’extérieur pour pouvoir les vendre sur le marché de la capitale afin de conserver leur étal. De plus les fortes précipitations exceptionnelles de ces derniers mois ne leur ont pas permis de rétablir correctement la  situation. Les semences distribuées n’ont pas encore été utilisées. 

 Nous avons à faire à une population qui maîtrise les techniques de jardinage, mais qui manque de moyens de production. Professionnellement ils utilisent essentiellement des semences hybrides comme Marathon, et Marcadia pour les brocolis ou la variété Condichar pour les choux. La conformation des légumes étant meilleure le prix de vente est plus élevé. Toutefois le prix de ces semences est de 3 à 4 fois plus élevées que des semences classiques, et il est impossible de penser récupérer des graines sur des plantes montées à graines puisqu’il s’agit d’hybrides.

Ces maraîchers souhaiteraient produire  des semences afin d’abaisser les coûts de la  production. Il s'agirait là d’un projet d’envergure car il  nécessite des équipements et un savoir-faire important.   Nous avons à faire à une demande de semences de haute qualité. Le problème est d’autant plus complexe qu’il s’agit de produire des semences hybrides ce qui obligerait en plus d’avoir l’accord de l’obtenteur  pour les multiplier. Etant donné le coût d’une telle activité cela demanderait de diminuer de façon drastique le nombre de variétés utilisées par espèce, or le maraîchage repose sur un nombre important de variétés. Même si nous disposions de l’accord des obtenteurs, il n’est pas certain que les variétés demandées puissent être produites sur ce site. Une importante étude climatique, agronomique, et technique  préalable serait nécessaire sans pour autant garantir la possibilité d’une mise en place d’une production semencière. Ce projet s’il est réalisable ne peut s’inscrire que dans un cadre beaucoup plus large ce qui dépasse le cadre actuel de notre mission.


4 CONCLUSION GENERALE

Nous tenons tout particulièrement à saluer les Sœurs de la Providence qui avaient organisé notre venue au Honduras. Nous avons pu apprécier sur le terrain le travail qui avait été fait pour que cette opération de projets de jardins familiaux soit efficiente le plus rapidement possible. Elles ont su chaque fois que c’était nécessaire s’appuyer sur des groupes déjà structurés, sur des organisations en place ou sur des hommes ou des femmes motivés et capables de donner de l’élan au projet.

Suite au cataclysme provoqué par le cyclone Mitch, sans oublier dans certaines régions de nouvelles pluies anormalement abondantes ces derniers mois, qui ont même parfois détruit le peu qui avait pu être reconstruit, de nombreuses familles se trouvaient dans un dénuement quasiment complet. L’ampleur des dégâts est tel qu’il faudra de nombreuses années pour que beaucoup d’entre elles retrouve une vie normale. Quoique le terme normale ne soit pas vraiment adapté tant il s’agit d’un pays qui manquait déjà de tout.

Dans un tel désarroi la perspective de pouvoir mettre en  place un jardin potager était le point de départ pour une nouvelle vie. Alors que tout était à refaire, dans le même temps les gens ont accepté un travail supplémentaire non négligeable : mise en place de terrasses, de clôtures, nettoyage et préparation du sol. Ceci dans un contexte où le jardinage n’était pas une tradition, où les moyens disponibles sont souvent rudimentaires et où il est difficile de changer les habitudes malgré un profond dénuement.

Compte tenu de tout cela au travers de ce que nous avons observé nous pouvons affirmer que cette opération est un succès.  Les jardins ont apporté un complément alimentaire non négligeable tant quantitativement que qualitativement, parfois il a même été possible de vendre quelques surplus. Bien sûr les potagers  ne sont pas encore ce qu’ils pourraient être, car il  faut quasiment tout apprendre, mais à la vue des premiers résultats le bilan est plus que favorable. Etant donné l’investissement qu’exige la mise en place et le suivi  d’un jardin, les gens ne demanderaient pas à pouvoir continuer cette activité s’ils ne la considéraient pas comme essentielle. Il serait dommage de couper cet élan. Il serait donc nécessaire d’effectuer un nouvel envoi de semences potagères. De plus les jardins ont joué à plein leur rôle social, entraide, échange d’idées, participation à des formations collectives. Dans ce laps de temps la situation devrait commencer à se rétablir. La où c’est possible la production de semences commencera à être effective, dans les autres  lieux une organisation aura pu être mise en place pour l’achat de semences.  La composition des nouveaux coffrets devra tenir compte des constats effectués. Pour soutenir ses actions un guide des techniques de base du jardinage, ainsi que pour une production artisanale de semences va être réalisé par Agro Sans Frontières. IL sera remis aux Sœurs de la Providence, ainsi qu’à toutes les organisations concernées par le projet.

Avec une opération qui aura coûté  à peine quelques milliers de francs il a été mis à disposition d’une population hondurienne défavorisée de quoi accroître leur autonomie alimentaire et quasiment par leurs propres moyens. Cette mission comprenait donc la fourniture des semences, le conditionnement, l’expédition, une étude de choix variétal, une mission de logistique pour cibler la répartition des colis, une mission technique d’observation et de conseil, et un appui technique à distance : rédaction guide jardinage de production artisanale de semences, et de structuration des jardins. Sans compter le soutien technique aux structures en place. Les deux organisations ont distribué 4000 colis soit une aide pour environ 30000 personnes (7 à 8 personnes par famille). Avec moins de 10 francs par famille on a réussi à mettre en place un programme pris en charge par les bénéficiaires  eux-mêmes et qui accroît de façon plus que significative leur autonomie alimentaire, et facilite l’intégration sociale. On permet de mettre en place une structure (le jardin) pérenne. Il serait dommage de ne pas renouveler  encore cette opération le temps de permettre à ce projet de devenir autonome. Le travail réalisé à ce jour ( terrassement, clôtures, préparation du sol semis …) qui est un travail lourd dans un contexte où tout fait presque défaut démontre la volonté de parvenir à un résultat durable.

En conclusion finale, le dénuement dans lequel se trouvent ces enfants, ces femmes et ces hommes et leur volonté de travail nous incitent tout particulièrement à solliciter encore le prolongement d’une autre mission de ce type pour ce pays.

Autres projets pouvant être mis en place :

Parallèlement à cela nous avons relevé d’autres projets qu’il serait intéressant de soutenir :

· Finca 10 et 11

- Besoins urgents en semences de maïs.

- Projet de production de palmes africaines.

- Remise en place de bananeraies.

- Productions de semences potagères.

· Frères de la Passion

- Mise en place d’un jardin de démonstration et de cours de jardinage (projet animé par  Monsieur Idelfonso Lara ).

· La Union

- Mise en place d’un projet de productions de semences si les conditions le permettent (attendre le résultat des observations menées par Monsieur Raoul Ruiz)

· Vallée de Los Angele

- Achat de motopompes pour un jardin collectif

· Conditionnement de produits phytosanitaires.

Nous avons remarqué que certains agriculteurs et jardiniers utilisaient des produits phytosanitaires.  Hors les surfaces traitées sont de petites tailles. Les produits phytosanitaires sont conditionnés dans des gammes d'emballage importantes ce qui constitue un investissement très lourd au prorata des besoins. Pour pallier cela des  groupements d’achats  se sont constitués. On peut facilement imaginer les dangers que représente cette vente au détail : intoxications, empoisonnements, pollutions. Le stockage s’effectue dans des conditions non appropriées, aucune protection n’est employée (pas de  gants  ni de masques), emballages de toute sorte ( cartons, bouteilles de jus de fruits, boites de conserve…).  En conclusion s’il pouvait être créé une unité de conditionnement des produits phytosanitaires en dose unique, on ferait d’une pierre deux coups. Cela sécuriserait l’emploi des ces produits et les utilisateurs n’auraient à investir que pour les besoins ponctuels. De plus on pourrait en profiter pour modifier la gamme des matières actives utilisée. Aujourd’hui beaucoup d’entre elles sont d’un niveau de toxicité élevé.

 
 

HONDURAS

Carte n° 1

 
 
 


Actualités Occitanie Pyrénées Méditerranée

PROJET PRODUCTION DE POMMES DE TERRE

Projet en cours avec le Maroc. La délégation Occitanie a présenté un dossier de production de p...

CALENDIER POUR UTILISATION DES GRAINES DE POMMES DE TERRE

AFS Midi Pyrénées a travaillé en collaboration étroite avec ASF Normandie, ASF Bretagne et ASF P...