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Diagnostic de la situation de l’agriculture et de l’alimentation en Haïti

1.1 CARACTERISATION DE L’AGRICULTURE HAÏTIENNE

La République d’Haïti a une superficie de 27 750 km2 et une population estimée aujourd’hui à plus de 14 millions d’habitants.

C’est un pays essentiellement montagneux avec plus de la moitié des terres possédant des pentes supérieures à 40% et des plaines qui n’occupent que 550 000 ha, soit 20% de sa superficie totale. Le potentiel exploitable est de 7 700 km2 (29%), tandis que la superficie effectivement cultivée est de l’ordre de 11 900 km2 44 %, ce qui dénote que 420 000 ha de terres marginales sont mis en culture.

 Toutefois, pour mieux cerner la problématique de l’agriculture haïtienne, il faut tenir compte des structures agraires, des services d’appui à l’agriculture, des systèmes de production et filières développées.

Famine et Crise Humanitaire en Haïti

Haïti est plongé dans une grave crise alimentaire et aussi une crise humanitaire qui menace tous les 10 départements d’Haïti. La malnutrition et la faim  touchent  actuellement plus de 8,5 millions de personnes. Pour aider à lutter contre ce fléau, les équipes de l’Agro Sans Frontière Haïti (ASF-Haïti)  a mis en place un système de distribution et de plantation de Moringa. Cet arbre de vie, permet aux femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux enfants, de se prémunir contre la malnutrition. Comestibles, ses feuilles, ses fleurs, ses racines et son écorce possèdent des qualités nutritionnelles exceptionnelles.

Déjà 4000 plants ont été distribués par nos équipes en 6 mois. Ensemble, continuons le combat pour permettre aux femmes et enfants de sortir de la malnutrition grâce à Moringa.

11,5 millions d’haïtiens sont dans l’insécurité alimentaire, la situation alimentaire en Haïti est vraiment grave.

1.1.1 Les structures agraires de l’agriculture haïtienne

1.1.1.1 Le foncier

La situation foncière en Haïti est caractérisée par la faible taille des exploitations agricoles (1 ,8 hectare en moyenne), des difficultés d’accès de plus en plus importantes, et la Prédominance des modes de gestions informelles et l’insécurité foncière. Celle-ci est due à de nombreux facteurs  : extension des surfaces en indivision, la non-légalisation des transactions foncières, aliénation du foncier en fermage, appropriation de surfaces importantes par des absentéistes et attribution de ces terres en métayage. Près de 75 % du foncier rural sont gérés de manière informelle par les  paysans, sur la base des coutumes.

L’insécurité des tenures foncières engendre la réticence ou même la peur d’investir et favorise l’émergence de conflits violents troublant la paix sociale et qui peuvent être à l’origine de pertes en vie humaines et des dégâts matériels importants. Dans tous les cas on se

retrouve dans une situation où l’environnement n’est pas favorable aux investissements productifs dans les milieux concernés et au développement de l’agriculture. L’insécurité foncière limite les possibilités d’investissements tant au niveau des Bassins Versants qu’au

niveau des périmètres irrigués. Il en résulte une dégradation de ces milieux qui pourrait apporter une contribution non négligeable dans la sécurité alimentaire en Haïti.

Pour remédier à cette situation, l’Institut National de la Réforme Agraire (INARA) a été mis en place. Mais les effets escomptés ne s’ensuivirent pas, à cause de certaines faiblesses liées entre autres au faible degré d’articulation entre les différents organes étatiques impliqués, à l’inadéquation du cadastre avec le système foncier actuel et à l’insuffisance des ressources

(humaines et matérielles) allouées à l’Institut.

1.1.1.2 Les bassins versants

Environ 95 % des bassins versants du pays sont dégradés ou transformés de manière très rapide, causant de fréquentes inondations dans le pays, un épuisement ou disparition des facteurs de base de la production agricole, des effets néfastes sur les infrastructures de production en aval, etc. Les sols, parallèlement aux ressources ligneuses se dégradent rapidement. Le potentiel exploitable est de 7 700 km² (29%), or la superficie effectivement cultivée est de l’ordre de 11 900 km² (44%), ce qui signifie que 420 000 hectares de terres

marginales sont mis en culture. Ainsi, l’érosion des sols est estimée à environ 12 000 ha par an. Les principaux facteurs à l’origine de cette dégradation sont entrés autres la mauvaise gestion de l’espace, la fragilité du milieu physique (fortes pentes, nature des matériaux), la forte pression démographique, la faible productivité de l’agriculture, la violence des phénomènes climatiques, les pratiques culturales érosives, la coupe de bois intensive pour les

1.1.1.3 L’irrigation et les infrastructures Hydro agricoles

Le MARNDR a inventorié, en 1999, 243 systèmes d’irrigation couvrant une superficie de l’ordre de 75 000 ha, dont 35.000 ha sont consacrés à la riziculture, 8.000 ha à l’exploitation de la banane et une grande partie à aux cultures de maïs, de haricot et des légumes.

Actuellement, il existe cinq (5) types de système irrigué (SI) caractérisés en fonction de leur taille : le grand SI, celui de la Vallée de l’Artibonite qui s’étend sur 38000 ha ; le moyen SIqui est formé par douze (12) systèmes localisés dans La Plaine du Cul de Sac, de Cabaret, l’Arcahaie, de Léogane, des Gonaïves, des Cayes et de Saint-Raphaël), et s’étendant sur une superficie totale de 34 000 ha ; environ soixante (60) petits SI qui contrôlent selon le cas des aires de dimension variée   (entre 30 et 900 ha) et couvrent un total de 13.000 ha ; des stations de pompage et des puits artésiens ; des lacs collinaires, étang et petits plans d’eau.

Les infrastructures d’irrigation desservant ces superficies ont subi à travers le temps des détériorations successives imputables au manque d’entretien et aux cyclones périodiques.

L’exploitation de ces systèmes se heurte en outre à des problèmes de gestion, imputables en grande partie à la faible implication des usagers.

1.1.1.4 Autres infrastructures agricoles et rurales

La situation des infrastructures d’appui au développement agricole et rural est critique. Le réseau routier estimé à 3400 km est en mauvais état à 80%. De nombreuses zones à fort potentiel de production à travers le pays sont enclavées et pratiquement inaccessibles en saisons pluvieuses. Les infrastructures d’élevage sont dans un piteux état. Des structures de stockage et de conservation des produits agricoles sont rares et peu adéquates lorsqu’elles existent. Cela porte les producteurs à vendre généralement leurs produits immédiatement après la récolte. Ce qui entraine de fortes variations de prix au cours de l’année et la mise en

marché de produits de faibles qualités, notamment la viande, les fruits et les légumes. L’indisponibilité de l’énergie électrique constitue aussi une contrainte majeure au développement de certaines filières agricoles.

1.1.1.5 Les grands groupes d’acteurs intervenant dans le secteur agricole

Cinq grands groupes d’acteurs et opérateurs interviennent directement dans le secteur agricole. Ce sont :  les acteurs et opérateurs étatiques qui comprennent les Ministères et les collectivités territoriales. Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) est le leader du secteur assurant autant que possible la fourniture des services aux agriculteurs. Les Collectivités Territoriales, conformément à la loi du 04 avril 1996, sont les gestionnaires privilégiés des ressources disponibles dans le milieu rural et sont des partenaires clés du MARNDR pour le développement du milieu rural.

Les agriculteurs, les associations d’agriculteurs et d’autres opérateurs, les entrepreneurs du secteur privé classique et Agro Sans Frontière Haïti (ASF-Haïti) fait partie de ces associations.

Des prestataires de services (ONG, firmes, Organisations Professionnelles Agricoles, Organisations Internationales) ; ASF-Haiti fait partie de ce groupe d’associations.

Des agents de commercialisation et/ ou de transformation, notamment des femmes qui participent activement à ces étapes ;

Des partenaires financiers du secteur agricole.

1.1.2 Les services d’appui à l’agriculture haïtienne

1.1.2.1 Encadrement et recherche/formation agricole

L’encadrement agricole sur le terrain est en principe assuré par des structures déconcentrées du MARNDR à savoir une dizaine de directions (dont cinq avec des directeurs adjoints) et une quarantaine de bureaux agricoles (BAC). La diffusion de paquets techniques est censée être assurée par ces structures qui se retrouvent dans les 10 départements géographiques du pays.

Des organismes comme l’ODVA et les centres de recherche/développement ont aussi la mission de vulgariser des techniques de production adaptées au niveau de leurs zones d’intervention.

En dépit de l’importance de l’agriculture, les services d’appui à la production qu’offraient les centres de recherche sont quasiment absents aujourd’hui. Les centres de recherche/formation/développement n’assurent pas à l’heure actuelle les missions pour lesquelles ils ont été créés par manque de programmes de travail, de budget de fonctionnement et de ressources humaines et matérielles. Ainsi la recherche agronomique et la vulgarisation au niveau du Ministère de l’Agriculture sont pratiquement nulles si l’on écarte quelques actions ponctuelles réalisées au niveau de certaines structures (parcelles de démonstration).

1.1.2.2 L’approvisionnement en intrants agricoles

Un frein important à l’amélioration de la productivité agricole est la faible disponibilité et l’accès très limité aux intrants agricoles, tels que semences de qualité, fertilisants, pesticides, produits vétérinaires, aliments pour bétail, etc. Le formidable gisement que représentent-les déchets organiques urbains n’est pas pratiquement pas exploité.

L’agriculteur utilise généralement comme semences des graines tirées de sa production ou achetées au marché rural. Ce qui fait que les planteurs disposent aujourd’hui d’un matériel génétique local de faibles rendements. La faiblesse de l’outillage agricole est aussi évidente partout à travers le pays.

Aujourd’hui, grâce à la diminution du prix du pétrole sur le marché international et au programme de subvention des engrais en cours de réalisation au MARNDR, les prix des fertilisants chimiques sont en baisse sur le marché local. Il conviendrait toutefois de trouver, à moyen terme, des ressources budgétaires pour financer un tel programme de subvention du prix des engrais.

1.1.2.3 La finance rurale

Actuellement, il existe une forte demande de crédit émanant de divers acteurs dans le secteur agricole et agroindustriel (entreprises, coopératives, groupements de producteurs, ménages, etc.). Le BCA, institution étatique qui accorde du crédit en milieu rural, aujourd’hui fortement décapitalisé, à cause du faible taux de remboursement est incapable de jouer son rôle. Les banques interviennent très peu dans le milieu rural, à cause des risques liés à la production agricole. La faiblesse de l’institution étatique et la quasi-absence du secteur financier classique ont créé un espace favorable au fonctionnement d’une diversité d’institutions de

micro finance en milieu rural. Elles sont de plusieurs types : coopératives, ONG, associations, etc. En réalité, le financement du milieu rural par les institutions formelles de crédit est très faible par rapport aux besoins. Il en résulte une réduction des activités productives et recours à du crédit usuraire. Il existe donc un besoin important et urgent pour apporter des capitaux frais en milieu rural afin de faciliter des investissements productifs dans l’agriculture. Les institutions de micro-finance dominent largement le paysage mais s’intéressent surtout aux zones urbaines et périurbaines. En outre, elles accordent surtout des prêts à des activités non

agricoles telles que le commerce. L’offre est peu diversifiée, avec des conditions prédéfinies, non négociables qui sont généralement peu adaptées aux principales activités du monde rural et ce, surtout par son rythme de remboursement qui est fréquemment mensuel et sa courte durée. Cette situation entraine une réduction des activités productrices dans le secteur, qui a pourtant un besoin urgent d’investissement productif.

1.1.3 Les systèmes de production et filières

Le secteur agricole haïtien comporte trois grands systèmes de production : élevage, pêche et aquaculture ; céréalier ; autres produits alimentaires. Ces trois systèmes sont étroitement interdépendants, la quasi-totalité des exploitations agricoles pratiquant la polyculture et le poly-élevage et la plupart des pêcheurs ayant aussi une activité agricole.

1.1.3.1 Le système de production : élevage, pêche et aquaculture

L’élevage joue un rôle extrêmement important dans le système d’épargne des exploitations agricoles familiales à 1.000.000. En effet, 35% des exploitations élèvent plus de 1.000.000 porcs, 55%, 1.500.000 de bovins ; 65%, 2.500.000 de caprins et 80%, 4.000.000 de volailles.

L’élevage en petites exploitations familiales représente plus de 90% de la production nationale. Il satisfait l’essentiel de la demande solvable actuelle du pays et exporte annuellement vers la République dominicaine 50.000 caprins pour environ $US 2.000.000 sans compter les bovins et les volailles rustiques.

La production nationale ne satisfait pas la demande du marché local en œufs, en produits laitiers et en viande de volaille industrielle qui est compensée par d’importantes importations commerciales, à la hauteur de US$ 20.000.000/ an pour 360.000.000 d’œufs, US$

50.000.000/ an pour 90000 TM équivalent lait de produits laitiers et l’équivalent de 12.5 millions de poulets dont 90% en pièces découpées.

L’élevage bovin avec environ 500000 vaches adultes a un potentiel de plus de 100.000 TM par an, capable de satisfaire la demande solvable actuelle en produits laitiers. Mais, faute d’infrastructures pour la transformation et la commercialisation, ce sous-secteur ne peut profiter d’un marché actuellement comblé à 80% par des importations commerciales (90.000 TM).

Concernant l’aviculture, il existe un potentiel d’implantation de 5 000 unités familiales de pondeuses à raison de 200 têtes par unité. Ce qui peut assurer une production nationale de 24 millions d’œufs par mois.

L’augmentation de la production aquacole nécessite une meilleure gestion et une exploitation rationnelle des lacs et étangs. La pêche est peu développée et est confrontée à la faiblesse d’équipements, au manque d’infrastructures de transformation et de conservation et à la rareté de sources de crédit.

Le développement des filières élevage, pêche et aquaculture fait face à de nombreuses contraintes, telles, la faible disponibilité en fourrage, en intrants et infrastructures d’abreuvement, les faibles disponibilités d’alevins dans le cadre de l’aquaculture et la faiblesse technologique, les prix élevés des aliments importés pour l’aviculture, l’aquaculture et la porciculture intensive, le faible accès au crédit, les faiblesses au niveau de la professionnalisation du sous-secteur dans un contexte d’absence de protection de la production nationale.

1.1.3.2 Le système de production : céréalier

Le riz irrigué est produit au niveau d’une quinzaine de périmètres avec une forte concentration dans la Vallée de l’Artibonite qui fournit environ 60 % de la production nationale. La riziculture occupe 130 000 ménages, dont 90.000 dans l’Artibonite, incluant les

30 000 ouvriers métayers.

La production nationale de riz est en déclin depuis plus d’une dizaine d’années. Cette baisse est causée principalement par la gestion inefficace de l’eau d’irrigation et le mauvais drainage du périmètre de l’Artibonite, l’accès difficile des agriculteurs aux intrants, la concurrence du riz importé, etc. Les récents appuis fournis par le MARNDR sous forme d’intrants, d’équipements agricoles et de réhabilitation des infrastructures d’irrigation ont toutefois contribué à une amélioration de la performance technique de la culture du riz.

La demande nationale de riz est satisfaite à 80% par le riz importé, à 12% par le riz produit dans l’Artibonite et à 8% par le riz produit dans les autres périmètres rizicoles du pays et les déchets d’usinage de riz de la République Dominicaine, dénommée cabecit.

Concernant le maïs, on trouve sur le marché national le maïs local et le maïs importé. Le bassin de concentration de la production du maïs local est localisé dans la plaine des Cayes (département du sud) avec 24,000 ha sur environ 250,000 ha à travers le pays. On retrouve

des sous-zones de production relativement importantes dans la Grande-Anse, le Nord, le Plateau Central et l’Artibonite. La culture de maïs rapporte très peu aux producteurs de par son rendement trop faible, en dépit des avancées technologiques réalisées dans la plaine des Cayes.

Le sorgho est la troisième céréale en importance en Haïti après le riz et le maïs. Il est l’une des cultures d’avenir d’Haïti menacée par la rareté de l’eau. La production de sorgho est de loin moins coûteuse que le maïs qui a besoin beaucoup d’eau. Il n’est pas desservi par un réseau fort d’intermédiaires commerciaux qui assurent sa transformation et sa commercialisation. Sa mise en marché se fait de préférence dans les milieux de production de la culture.

1.1.3.3 La filière tubercules

La production locale de tubercules est importante. La FAO l’estime autour de 750.000 TM, dont 45% de manioc, principalement des variétés amères pour la fabrication de galettes. Les tubercules sont cultivés en association avec des cultures vivrières et de rente dans toutes les zones de production : le manioc en zone sèche et semi-humide, la patate douce en zones semi humides et humides en plaine et en montagne, l’igname et le malanga dans les aires humides à toutes les altitudes, le « mazonbèl » (Colocasia, « dasheen » dans la Caraïbe anglophone) dans les dépressions hydromorphes de basse altitude..

On compte environ une dizaine de variétés d’ignames produites, les principales étant l’igname jaune et la « Guinée », à chair blanche. Une centaine de variétés de patate douce sont cultivées, la plupart sont des variétés endogènes, très peu d’efforts d’introduction de nouvelles variétés ont été entrepris.

Les exportations de tubercules sont au total de moins de 500 TM par an et sont dirigées vers les Iles Turques, la République Dominicaine, les Etats-Unis et les Bahamas. Plus de 300 TM vont vers les îles au nord. Les expéditions annuelles d’igname vers les Turques et Caicos étaient estimées à plus de 250 TM et celles de patate douce à environ 60TM (Capital Consult, 2004). Pour la République Dominicaine, elles consistent en petites quantités d’ignames, de malanga et de manioc amer pour les cassaveries frontalières. Les Etats-Unis viennent en dernière position avec moins de 25 TM d’igname annuellement en 2003 et 2004 (USDA/ERS,

2005).

1.1.3.4 La filière légumes

On compte plus d’une trentaine de légumes et condiments couramment produits en Haïti. Les zones de production sont dispersées à travers le pays, dans les aires de montagne et de plateaux humides et les plaines irriguées.

Les surfaces les plus importantes se retrouvent dans la périphérie de Port-au-Prince (axe Kenscoff-Seguin), la Forêt des Pins et les plaines de l’Artibonite, Cayes, Gonaïves et du Cul de Sac. Seule la Grande-Anse, malgré des conditions climatiques favorables, ne dispose pas d’aires maraîchères bien définies, sauf pour le gingembre qui est concentré dans la région de Dame-Marie-Anse d’Hainault. La production est quasi exclusivement le fait d’exploitations paysannes. La demande la plus forte est celle de la capitale et porte principalement sur cinq 10 produits qui sont cultivés dans le pays : le mirliton (chayote), l’oignon, le chou, le poireau et

la carotte.

1.1.3.5 La filière fruit

La diversité des écosystèmes du pays autorise la culture d’une grande variété de fruits, y compris des productions de climat tempéré. Près de 150 espèces et variétés fruitières sont cultivées ou existent à l’état spontané. Toutefois, moins d’une dizaine de fruits constituent le gros des quantités commercialisées et consommées. Mangues, banane, avocat, noix de coco, fruit à pain et agrumes sont les principaux fruits produits et commercialisés. Ces fruits sont issus de la production d’exploitations paysannes où les arbres sont cultivés en association avec des espèces vivrières (tubercules, banane, haricots principalement) ou du café. Les

exportations de fruits se sont beaucoup diversifiées sur la période récente. Constituées presqu’exclusivement de mangues sur la période 1985-95, elles se sont étendues à l’avocat, le tamarin, le fruit de la passion, l’anacarde et d’autres produits mineurs depuis le développement des échanges avec la République Dominicaine.

1.1.3.6 La filière café

La caféiculture le fait de petits agriculteurs en Haïti. Il y aurait plus de 200,000 familles qui seraient impliquées dans la production de café dans le pays. La superficie moyenne par exploitation familiale serait globalement au niveau de 0.50ha. Des superficies moyennes des exploitations sont plus grandes dans les régions de Beaumont (Grande Anse), de Thiotte (Sud’Est) et de Baptiste (Centre) tandis qu’elles sont beaucoup plus faibles dans les régions de Plaisance /Dondon (Nord), d’Anse A Foleur / St-Louis du Nord (Nord-Ouest) et des Cahos (Artibonite). Les producteurs vendent leur café soit aux coopératives et associations qui

desservent près de 50,000 producteurs à travers quatre réseaux de commercialisation, soit aux intermédiaires des circuits traditionnels dont les agents principaux sont les sous-marins (intermédiaires non patentés) des spéculateurs (intermédiaires patentés) et les exportateurs, soit aux intermédiaires dominicains au nombre de 20 qui reçoivent du café naturel provenant des sous-marins au voltigeurs en nombre très important qui commercialisent par unité de petits volumes (moins de 100 sacs par année par voltigeurs, soit aux torréfacteurs industriels (6) ou aux multiples petits torréfacteurs artisanaux constitués essentiellement de femmes

distribuant leurs produits dans les marchés publics des villes et villages du pays.

1.1.3.7 La filière cacao

Le cacao (Théobroma cacao) jadis, constituait après le café et la canne à sucre l’une des plus grandes sources génératrices de devise pour Haïti. La commercialisation de ce produit impliquait un grand nombre d’acteurs. Cependant la production cacaoyère ne varie pas grandement, mais elle se trouve camouflée sous l’émergence et l’augmentation en termes de production des autres grands pays producteurs. La culture du cacao est concentrée dans deux

zones principales du pays : le Nord et la Grande Anse. Cette production du Cacao est quasiment le fait des petits planteurs, mais ceux-ci n’assurent pas la commercialisation de leur produit sur les marchés internationaux, ce qui entraîne l’intervention de plusieurs intermédiaires dans la filière de ce produit.

En fonction des axes de commercialisation, les circuits de distribution s’y découlent. Généralement, on retrouve en amont les producteurs qui eux-mêmes libèrent leurs denrées aux spéculateurs ou à une coopérative, qui revendent les produits aux exportateurs qui les conditionnent pour les envoyer à l’étranger ; arrivés là-bas, le Cacao est acheté par des transformateurs qui après transformation en produits finis les mettre à la disposition de distributeurs qui les livrent enfin aux consommateurs.

1.2 L’INSERTION DE L’AGRICULTURE HAÏTIENNE DANS L’ECONOMIE NATIONALE,

REGIONALE ET MONDIALE AUJOURD’HUI

1.2.1 Contribution du secteur agricole à l’économie nationale

L’agriculture a toujours été la principale source de recettes fiscales du pays jusque dans la décennie de 1960-1970. La participation du secteur agricole à la formation du PIB était de 45% dans les années 70 contre 26% actuellement, soit une baisse de 19% sur la période et d’environ 0,5% par an. L’exportation agricole a diminué de plus en plus, avec la disparition de produits traditionnels, tels le sucre et la viande, du tableau de nos exportations. Par exemple, le montant des devises généré par l’exportation du café est passé de 52,5 à 3.8 millions de dollars. Le cacao et les huiles essentielles évoluent de manière aléatoire, alors que la valeur moyenne des exportations de mangue ne fait que diminuer en dépit d’une demande mondiale croissance.

La croissance du secteur agricole, bien que connaissant une amorce ces derniers mois, demeure faible et variable. L’offre alimentaire est toujours caractérisée par son insuffisance face à la demande. Le déficit de production alimentaire rend le pays nettement dépendant des importations de produits alimentaires. Selon les estimations de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) en 2009, la production nationale assurait, 49% des besoins alimentaires, disponible (en tonnes d’équivalents céréales) les importations, 46% et l’aide alimentaire, 5%. En matière de sécurité alimentaire, les enquêtes les plus récentes de la CNSA

montrent que les besoins nutritionnels d’une fraction importante de la population haïtienne.

Aujourd’hui, Haïti une famine menace Haïti, au cours du mois de Mai 2019 plus de 6,5 millions d’haïtiens sont dans l’insécurité alimentaire et dans plus de 7 départements d’Haïti, les petits paysans haïtiens commencent à mourir de faim, des femmes enceintes commencent à vivre dans la misère absolue, plus de 2,5 millions d’enfants vivent dans la malnutrition, la situation est inquiétante.

 

LA CERTIFICATION DES FILIERES VEGETALES ET ANIMALES

La qualité des produits nous impose la certification des filières végétales et animales. Le respect de cette démarche permet d'assurer un approvisionnement de qualité pour l'alimentation des populations et permet d'envisager la commercialisation intérieure et extérieure.

 



 

Réalisée par:

Agro Sans Frontière Haïti (ASF-Haïti)

&

Agro Sans Frontière France (ASF-France)

Juillet 2019


SOMMAIRE

1 RESUME DU PROJET....................................................................................................................... 1

2  ETUDE DE MARCHE....................................................................................................................... 4

2.1. AGRICULTURE....................................................................................................................... 4

2.1.1. Grandes cultures................................................................................................................... 4

2.1.2. Maraîchage................................................................................................................... 4

2.2. AVICULTURE....................................................................................................................... 4

2.3 .LE MARCHE....................................................................................................................... 4

2.3.1Les marchés des intrants................................................................................................................... 4

2.3.1.1. Agriculture.............................................................................................................. 5

2.3.1.1.1Semences......................................................................................................... 5

2.3.1.1.2 Engrais......................................................................................................... 5

2.3.1.1.3. Pesticides :......................................................................................................... 5

2.3.1.2. Aviculture.............................................................................................................. 6

2.3.2 Les marché des extrants................................................................................................................... 7

2.3.2.1 Le niveau des prix.............................................................................................................. 7

2.3.2.1.1 Le maraîchage......................................................................................................... 7

3. BASES TECHNIQUES DE LA PRODUCTION....................................................................................................................... 8

3.1 AGRICULTURE....................................................................................................................... 8

3.1.1. Grandes cultures................................................................................................................... 8

3.1.2. Maraîchage................................................................................................................... 8

3.1.2.1 .Exigences édapho-climatiques :.............................................................................................................. 8

3.1.2.1.1. Le sol......................................................................................................... 8

3.1.2.1.2 .Le climat......................................................................................................... 9

3.1.2.2. Itinéraire technique.............................................................................................................. 9

3.1.2.2.1. Choix des espèces à cultiver......................................................................................................... 9

3.1.2.3. Calendrier de production............................................................................................................ 11

3.1.2.3.1. Semis....................................................................................................... 11

3.1.2.3.2 Le repiquage :....................................................................................................... 11

3.1.2.3.3 L’entretien :....................................................................................................... 12

3.1.2.3.4 .La protection phytosanitaire....................................................................................................... 13

3.1.2.3.5. Rendements des cultures maraîchères....................................................................................................... 14

3.1.3   Arboriculture fruitière................................................................................................................. 15

3.1.3.1 Exigence édapho-climatique............................................................................................................ 15

3.1.3.2 Itinéraire technique............................................................................................................ 15

3.1.3.2.1 Le repiquage....................................................................................................... 15

3.1.3.2.2 Plantation....................................................................................................... 16

3.1.3.2.3. Choix des espèces....................................................................................................... 16

3.1.3.3 irrigation............................................................................................................ 17


3.1.3.4. Plan de fumure arboricole............................................................................................................ 18

3.1.3.5. Densité et rendement par pied............................................................................................................ 19

3.2 AVICULTURE..................................................................................................................... 20

3.2.1 Le poulailler................................................................................................................. 20

3.2.1.1 Choix des souches............................................................................................................ 20

3.2.2. Normes techniques de production................................................................................................................. 21

3.2.2.1. Matériel d’alimentation et d’abreuvement............................................................................................................ 21

3.2.2.2. Calendrier sanitaire............................................................................................................ 21

3.3 .EMBOUCHE..................................................................................................................... 22

3.3.1. Embouche bovine................................................................................................................. 22

3.3.1.1. Programme de production............................................................................................................ 22

3.3.1.2 .Conception des bâtiments d’élevage............................................................................................................ 22

3.3.1.3. Matériel d’abreuvement et d’alimentation:............................................................................................................ 23

3.3.1.4 Choix des animaux à emboucher............................................................................................................ 23

3.3.1.5. Le mode d’exploitation............................................................................................................ 24

3.3.1.6. La ration alimentaire............................................................................................................ 24

3.3.1.7. Prophylaxie............................................................................................................ 24

4. DOSSIER TECHNIQUE ET FINANCIER..................................................................................................................... 25

4.1. INVESTISSEMENTS COMMUNS..................................................................................................................... 25

4.1.1. Bâtiments d’exploitation................................................................................................................. 25

4.1.1.1. Clôture du domaine............................................................................................................ 25

4.1.1.2. Bâtiments d’élevage............................................................................................................ 25

4.1.1.2.1 .Le poulailler....................................................................................................... 25

4.1.1.3. Equipements agricoles............................................................................................................ 27

4.1.1.3.1 .Petit matériel pour grandes cultures:....................................................................................................... 27

4.1.1.3.2. Equipements maraîchers....................................................................................................... 28

4.1.1.3.3 .Equipements arboricoles....................................................................................................... 29

4.1.1.4. Equipements avicoles............................................................................................................ 29

4.1.1.5. Frais d’exploitation............................................................................................................ 30

4.1.1.5.1 .Main d’œuvre....................................................................................................... 30

4.1.1.5.2 .Besoins en intrants et recettes escomptées....................................................................................................... 31

4.1.1.5.2.1. Grandes cultures................................................................................................... 31

4.1.1.5.2.2. Maraîchage................................................................................................... 32

4.1.1.5.2.3. Poulets de chair :................................................................................................... 35

4.1.1.5.3. Amortissement technique....................................................................................................... 36

4.1.1.5.4. Entretien et utilisation....................................................................................................... 37

5. ANALYSE ECONOMIQUE ET FINANCIERE..................................................................................................................... 38

5.1 .LES INVESTISSEMENTS ET RENOUVELLEMENTS..................................................................................................................... 38

5.2 .FONCTIONNEMENT ET RECETTES..................................................................................................................... 38

5.3 .LE CALCUL DU CASH-FLOW..................................................................................................................... 44

5.4 .REPARTITION DES DEPENSES..................................................................................................................... 44


5.5. CALCUL DU TRI ET TESTS DE SENSIBILITE..................................................................................................................... 46

5.6. ESTIMATION DU FONDS DE ROULEMENT..................................................................................................................... 47

5.7. BESOINS EN FINANCEMENT..................................................................................................................... 47


LISTE DES TABLEAUX

TABLEAU 1 : QUELQUES EXEMPLES DE PRIX DU KG DE SEMENCES..................................................................................................................................... 5

TABLEAU 2 : PRIX DES PESTICIDES COURAMMENT UTILISES EN HORTICULTURE..................................................................................................................................... 6

TABLEAU 3: PRIX AU PRODUCTEUR DE QUELQUES SPECULATIONS MARAICHERES..................................................................................................................................... 7

TABLEAU 4 : ROTATION CULTURALE DES GRANDES CULTURES..................................................................................................................................... 8

TABLEAU 5: CALENDRIER DE PRODUCTION MARAICHER................................................................................................................................... 11

TABLEAU 6: PLAN DE FUMURE DES SPECULATIONS RETENUES................................................................................................................................... 13

TABLEAU 7: NORMES DIRRIGATION ARBORICOLE POUR LES AGRUMES ET LE MANGUIER................................................................................................................................... 17

TABLEAU 8 : NORMES DIRRIGATION ARBORICOLE................................................................................................................................... 17

TABLEAU 9: PLAN DE FUMURE DES AGRUMES................................................................................................................................... 18

TABLEAU 10: PLAN DE FUMURE DES MANGUIERS................................................................................................................................... 18

TABLEAU 11 : NORMES DELEVAGE DE LELEVAGE DE POULETS DE CHAIR................................................................................................................................... 21

TABLEAU 12 : CARACTERISTIQUES TECHNIQUES DE LEMBOUCHE BOVINE EN FONCTION DE LAGE................................................................................................................................... 23

TABLEAU 13: EQUIPEMENTS AGRICOLES POUR LE VOLET MARAICHER................................................................................................................................... 28

TABLEAU 14: EQUIPEMENTS AGRICOLES POUR LE VOLET ARBORICOLE................................................................................................................................... 29

TABLEAU 15 : BESOINS EN PETIT MATERIEL D'ELEVAGE POUR POULETS DE CHAIR................................................................................................................................... 29

TABLEAU 16 : QUANTITE DE SEMENCES NECESSAIRE POUR UN HECTARE................................................................................................................................... 31

TABLEAU 17: ECHEANCIER DES DEPENSES EN INTRANTS MARAICHERS................................................................................................................................... 33

TABLEAU 18: RECETTES ESCOMPTEES POUR LE VOLET MARAICHAGE................................................................................................................................... 34

TABLEAU 19: AMORTISSEMENT DES INVESTISSEMENTS................................................................................................................................... 36

TABLEAU 20: FRAIS D'ENTRETIEN DES INVESTISSEMENTS................................................................................................................................... 37

TABLEAU 21 : ECHEANCIER DES INVESTISSEMENTS ET RENOUVELLEMENTS EN NATURE................................................................................................................................... 39

TABLEAU 22 : ECHEANCIER DES INVESTISSEMENTS ET RENOUVELLEMENTS EN MILLIERS DE Gourdes Haïtiennes ou Euros................................................................................................................................... 40

TABLEAU 23: DEPENSES ET RECETTES DEXPLOITATION EN MILLIERS DE Gourdes haïtiennes ................................................................................................................................... 42

TABLEAU 24: BESOINS EN FONDS DE ROULEMENT PAR ACTIVITE................................................................................................................................... 47


LISTE DES FIGURES

FIGURE 1: SCHEMA D'ENSEMBLE (VUE DE PROFIL) D'UN POULAILLER DE STRUCTURE LEGERE (CHAIR)................................................................................................................................... 26

FIGURE 2: SCHEMA D'ENSEMBLE (VUE DE FACE) D'UN POULAILLER DE STRUCTURE LEGERE (CHAIR)................................................................................................................................... 26

FIGURE 3: CASH FLOW DU PROJET................................................................................................................................... 44

FIGURE 4: REPARTITION DES DEPENSES DU PROJET................................................................................................................................... 45


1

1.             RESUME DU PROJET

Ce présent projet est initié par Agro Sans Frontière Haïti / Agro Sans Frontière France et la Faculté d’Agronomie et des Sciences de l’Environnement de l’Université Queensland (UQ) Haïti et la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université Queensland (UQ) Haïti.

Le site est situé dans la région du Nord-est, Fort-Liberté, Dumas section rurale de Fort-Liberté, sur       sur une étendue de 15  hectares (10 ha de sols lourd et 5 ha de sols dior).

Les composantes sont: grandes cultures; maraîchage et arboriculture sur le sol lourd; aviculture et embouche bovine.

Les grandes cultures (cultures hivernales) s’effectueront sur 10 hectares. Cette composante concernera le mil, le maïs, le sorgho et l’arachide.

Le maraîchage se fera sur le sol deck dior sur une superficie de 5 hectares avec les spéculations telles que la pomme de terre, l’oignon, l’aubergine, le gombo, le chou, la tomate et l’arachide de contre saison. Le nombre de cycle par année est arrêté à 3.

Au plan arboricole, il sera implanté un verger de 10 hectares composés des espèces suivantes: agrumes (citronnier, orangers, mandariniers), manguiers et bananiers.

L’aviculture aura les spécifications suivantes : bandes de 3000 sujets (poulets de chair, nombre de rotation par an 3.

L’activité d’embouche, avec un effectif de départ de 20 sujets, connaîtra une évolution annuelle de 10 % jusqu’en cinquième année où le nombre atteindra finalement 50.

Les investissements du projet d’un montant global (sur les 10 ans: durée de vie du projet) de 50 millions   de Gourdes haïtiennes ou un investissement de 650,000.00 Euros représentent 10 % de l’ensemble des dépenses et concernent:

*                 l’acquisition, les travaux de nivellement et la clôture du terrain;

*                 les bâtiments d’exploitation (poulaillers, parcs d’embouche, pièces d’habitation, magasins de stockage);

*                 les équipements agricoles (forage, moulin, batteuse, petit équipement agricoles, fourgonnette, etc.);


2

Les frais de fonctionnement absorbent plus de la moitié des dépenses (67 %). Ce poste regroupe les frais de personnel et les fournitures (ou dépenses en intrants). Le projet utilisera 25 ouvriers agricoles permanents, un ingénieur de travaux (chef d’exploitation) et des ouvriers temporaires en période de pointe mais aussi pour les grandes cultures. Un consultant extérieur sera également sollicité périodiquement ou en cas d’urgence (frais d’études et de suivi technique).

L’entretien et l’utilisation des matériels et bâtiments d’exploitation occupe 5 % des dépenses du projet.

Les recettes connaîtront une progression liée d’une part à l’évolution des activités comme l’embouche et d’autre part à la règle de la prudence appliquée aux calculs de celles-ci (seules 50 % des recettes escomptées sont comptabilisées en année 0 et un taux d’accroissement de 10 % par y est appliquée pour les années qui suivent.). Le chiffre d’affaire global du projet est de  50 millions de Gourdes haïtiennes ou 750,000.00 Euros.

Les flux financiers du projet montrent que le Cash-Flow devient positif à partir de la troisième année. Ce Cash-Flow connaîtra une légère baisse en année six, année de renouvellement de plusieurs équipements agricoles.

Sur la base des normes techniques et compte tenu du niveau des prix aussi bien des intrants que des extrants, le calcul du Taux de Rentabilité Interne (TRI) donne une valeur de 22 %. Les tests de sensibilité effectués montrent que la variation simultanée de l’ensemble des dépenses et recettes de +/- 10 % n’a pas d’effet sur la rentabilité du projet. Par contre, une hausse des dépenses en intrants de 10 % donne une valeur du TRI égale à 15 % tandis qu’une baisse la porte à 28 %. Beaucoup d’autres hypothèses ont été testées et ont vu les TRI varié entre 1 % (hausse de l’ensemble des dépenses de 10 %) et 32 % (hausse de l’ensemble des recettes de 10 %).

Les besoins en fonds de roulement du projet ont été estimés à 15 millions de Gourdes haïtiennes sur la base des dépenses devant couvrir une année de grandes cultures, trois mois (durée du premier cycle) des activités maraîchères, trois mois de frais de personnel, des frais de fonctionnement pour 60 jours concernant les poulets de chair (première bande), les intrants arboricoles durant les trois premières années et une opération d’embouche bovine.


3

Les besoins en investissements regroupent le montant des investissements en première année et le solde négatif des flux financiers en deuxième année. Ils s’élèvent à 25 millions de Gourdes haïtiennes.

Compte tenu de ce qui suit, les besoins totaux en financement s’élèvent à (équipements et besoins en fonds de roulement) s’élèvent à 75 millions de Gourdes haïtiennes (voir Tableau page 49).

Le montant des fonds propres (réalisations) est de 50 millions de Gourdes haïtiennes, soit un pourcentage global de 48,62 % des besoins en financement.


4

ETUDE DE MARCHE

1.1.      Agriculture

1.1.1.  Grandes cultures

La production nationale céréalière était de 750,000  tonnes en 2010 apres le passage du tremblement de terre du 12 Janvier 2010 / 2011. Cette quantité ne permettait pas de couvrir l’ensemble des besoins nationaux. Ceux-ci, estimés sur la base de la consommation annuelle per capita (185 Kg) préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), sont actuellement de 1280000 tonnes. La tendance de la demande est à la hausse du fait de la poussée démographique. Le présent projet permettra, à court terme, de ramener le déficit céréalier national à la baisse ; ce qui se traduira par une diminution des importations et par la même, une amélioration de la balance commerciale.

La production arachidière est à la baisse du fait de la régression des superficies emblavées. Toute augmentation de la production serait la bienvenue sur le marché haïtien.

1.1.2.  Maraîchage

La demande solvable nationale dépasse les 175000 tonnes par an et augmente d’année en année avec l’urbanisation et la croissance démographique. La consommation moyenne per capita est de 25 Kg.

1.2.       Aviculture

La production de chair a beaucoup progressé ces dernières années. Néanmoins, un déficit national, comblé par les exportations, persiste.

Les consommateurs haïtiens consomment les poulets de chair venant directement de la République Dominicaine ou bien des ailes de poulets de chair ou des morceaux dindes venant directement des Etats-Unis d’ Amérique, ces produits arrivent sur le marché haïtien sans aucun contrôle et se sont révélés parfois très dangereux  pour la santé humaine voire pour la consommation.

La consommation moyenne per capita est actuellement de 3 Kg par an. Sur cette base la demande de la région d’Haïti serait de 900 tonnes annuellement.

1.3.       Le marché

1.3.1.  Les marchés des intrants

Au niveau intrants, les prix seront certainement revus à la baisse avec les nouvelles mesures prises par l'état consistant à réduire les taxes à l'entrée mais la situation reste et demeure très complexe en Haïti.


5

1.3.1.1. Agriculture

Les principaux intrants sont : les semences, les engrais et les pesticides.

1.3.1.1.1. Semences

Il n’existe pas de firmes de production de semences notamment en Haïti, il y a une unité de contrôle de semences au sein du ministère de l’agriculture mais qui fonctionne très mal pour couvrir tous les 10 départements d’Haïti.

Le prix des semences varient en fonction de la spéculation. Le tableau suivant donne le prix du kilogramme de semences pour diverses espèces retenues.

Tableau 1 : quelques exemples de prix du Kg de semences

Speculation

Prix semences en Gourdes

Mil

200

Maïs

500

Arachide

450

Niébé

300

Oignon

30000

Tomate

22000

Gombo

7500

Chou

140000

Pomme de terre

450

Papaye

7500

1.3.1.1.2. Engrails

Les principaux fournisseurs de semences sont le Ministère de l’agriculture  et les gros négociants haïtiens . L’engrais type maraîcher est le 10 – 10 – 20. Le kilogramme est commercialisé à 2500 Gourdes haïtiennes le sac d’engrais.

1.3.1.1.3. Pesticides :

Les fournisseurs de pesticides demeurent les mêmes que pour l’engrais. Toutefois, on notera que le marché est également envahi par les importateurs.


6

Le prix varie en fonction du produit chimique. Le tableau suivant donne quelques exemples.

Tableau 2 : Prix des pesticides couramment utilisés en horticulture

spéculation

Prix semences Gourdes haïtiennes

Décis

6900 HTG / litre

Diméthoate

5800 HTG / litre

Tamaron

17000 HTG / litre

Dicofol

6000 HTG / litre

Malathion

4500 HTG / litre

Lannate

240 HTG / Kg

1.3.1.2. Aviculture

Concernant l'aviculture, il existe une multitude de souches (importées ou produites localement peu) dans le marché. Les principaux fournisseurs sont minimes sur le marché haïtien.

.Le prix des poussins est assez variable :

       De 450  à 500   Gourdes haïtiennes pour les poussins de chair ;

       De 500 à 675 Gourdes  pour les poussins de ponte.

Les sujets peuvent être également acquis à partir 21 jours d’âge à 1000 Gourdes l’unité. Des tarifs dégressifs sont généralement octroyés pour les commandes importantes.

Diverses entreprises sont également branchées dans l'alimentation de poulets de chair et de poules pondeuses.

Des produits vétérinaires sont également disponibles sur le marché national via le ministère de l’agriculture mais il va y avoir des produits vétérinaires via l’Association des Médecins Vétérinaire et des Techniciens Vétérinaires d’ Haïti (AVEM-Haïti).


7

1.3.2.  Les marché des extrants

1.3.2.1. Le niveau des prix

Pour l'ensemble des produits du projet, le prix de vente est libre en Haïti. L'Etat n'intervient pas en influençant ou en fixant des limites au prix. C'est plutôt l'offre et la demande en produits qui déterminent le prix sur le marché haïtien. Néanmoins, des tendances peuvent de dégager à travers les données chronologiques.

1.3.2.1.1. Le maraîchage

Le prix des spéculations maraîchères varient en fonction de la période de vente. Le tableau qui suit renseigne sur le niveau des prix pour chaque spéculation en fonction de la période. Il a été confectionné sur la base de la moyenne des prix minima pendant les deux dernières années et ceci selon la période probable de commercialisation.

Tableau 3: Prix au producteur de quelques spéculations maraîchères

spéculation

Période de vente

Prix en gros (Gourdes / Kg)

Prix en demi-gros

(Gourdes/ Kg)

Tomate

Fin janvier

75

150

Oignon

Fin janvier

97

192

Chou

Fin mai

88

176

Gombo

Fin mai

90

205

Pomme de terre

Fin janvier

150

212.2

Papaye

Fin mai

100

230

Les éléments déterminants du prix sont:

-       La politique de vente des producteurs;

-       La période de vente;

-       Le niveau de vie.

Dans la suite du document, la moyenne entre les deux types de prix serviront e base à l’évaluation des recettes.


8

2.             BASES TECHNIQUES DE LA PRODUCTION

2.1.      Agriculture

2.1.1.Grandes cultures

Etant donné la grande expérience des ouvriers agricoles de la zone sur la conduite de ces spéculations, la partie phytotechnie de ces cultures ne sera pas abordée dans le document. L’attention sera portée sur l’assolement et la production escomptée

Le calendrier de production adopté figure sur le tableau suivant. La superficie sera divisée en trois parcelles, chacune faisant l’objet de la rotation suivante: arachide, mil / niébé,.

Tableau 4 : rotation culturale des grandes cultures

Année 19-20

Année 2020 et 21

Année 2021 et 22

Année 2022 et 23

Année 2023 et 24

parcelle 1

arachide

mil / niébé

maÏs

Arachide

mil / niébé

parcelle 2

Mil / niébé

maÏs

arachide

Mil / niébé

Maïs

parcelle 3

Maïs

Arachide

Mil / niébé

Maïs

Arachide

 

Il est à préciser à ce niveau que le niébé est cultivé en dérobée. Cette forme de culture sera retenue aussi pour la pastèque dans les parcelles d’arachide.

Dans le choix des variétés, l’attention portera sur celles productives, moins exigeantes en eau et résistantes aux maladies et ennemis des cultures.

2.1.2.  Maraîchage

2.1.2.1. Exigences édapho-climatiques :

2.1.2.1.1. Le sol

Le sol maraîcher type est sableux avec 20% à 35 % d’argile, riche en matières organiques, drainant. Le pH doit approcher la neutralité.


9

Cet état de fait plaide en faveur de correctifs du facteur édaphique qui est essentiellement de type brut minéral.

La mise en place effective du système de production végétale va exiger certains préalables de la part du promoteur, pour assurer une plus grande réussite:


      un labour profond qui ramènera en drainés ou lessivés en profondeur (les planage si besoin.


 

Surface certains éléments dissous et fins du sol argiles dont en manque surtout ces sols); et un


      un apport massif de fumure organique (fumier) à hauteur de 12 à 15 tonnes par hectare, et qui devra être bien enfoui;

      un amendement calcique (300 kg de chaux vive par hectare) pour relever le pH (l'acidité) de ces sols très lessivés.

2.1.2.1.2. Le climat

On peut classer les plantes maraîchères sur la base climatique en deux groupes :

       les plantes maraîchères de type haïtien : climat tropical. Dans cette catégorie, on peut citer le gombo, l’aubergine douce, le papaye, le piment ;

       les plantes maraîchères type européen : climat tempéré. C’est le cas de la pomme de terre, de l’oignon, de la tomate, du chou.

Les résultats récents de la recherche ont permis de cultiver certaines espèces européennes en climat tropical toute l’année.

2.1.2.2. Itinéraire technique

2.1.2.2.1. Choix des espèces à cultiver

Le choix doit tenir compte de la rotation culturale. Celle-ci est la pratique qui consiste

à   ne pas cultiver des espèces appartenant à la même famille successivement sur la même parcelle. Ceci pour plusieurs raisons :

       nutritionnelles : les plantes appartenant à la même famille ont tendance à explorer la même partie du sol et les mêmes éléments minéraux. La rotation évite la dégradation rapide du sol ;


10

       phytosanitaires : les plantes de la même famille sont également attaquées par les mêmes parasites. La rotation évite la propagation des maladies et ennemis qui risquent d’envahir une culture si elle est répétée sur une même parcelle.

Il existe aussi des plantes dites plantes pièges qui ont la particularité de briser le cycle de certains parasites. L’arachide est l’exemple type ; il permet de lutter efficacement contre les nématodes.

Enfin, la rotation permet à certaines plantes de profiter de l’azote fixé par d’autres plantes (légumineuses). C’est le cas de l’arachide et du haricot qui enrichissent le sol en azote par le biais de la fixation symbiotique de l’azote atmosphérique grâce au Rhyzobium (bactérie symbiotique fixatrice d’azote). Cette caractéristique fait que l’arachide et le haricot sont cultivés tous les deux ans.

Au-delà des critères agronomiques, l’aspect économique est tout aussi important. Les espèces cultivées doivent être productives et être vendues à un bon prix. Il va de soi que l’époque de vente est déterminante.

Les spéculations retenues sont : la tomate, le gombo, le papaye et la pomme de terre. Annuellement, chaque site fera l’objet de deux cultures maraîchères : une première spéculation de type européen pendant la saison froide (novembre à février) et une deuxième de type haïtien de mars à mai.


11

2.1.2.3. Calendrier de production

Compte tenu de tout ce qui suit, le programme de production suivant sera adopté.

Tableau 5: Calendrier de production maraîcher

année 0 et 5

année 1 et 6

année 2 et 7

année 3 et 8

année 4 et 9

saison séche froide

tomate

p de terre

oignon

tomate

p de terre

parcelle I

saison séche chaude

gombo

arachide

gombo

arachide

gombo

hivernage

chou

jaxatu

aubergine

chou

jaxatu

saison séche froide

p de terre

oignon

tomate

p de terre

tomate

parcelle II

saison séche chaude

arachide

gombo

arachide

gombo

gombo

hivernage

jaxatu

aubergine

chou

jaxatu

chou

saison séche froide

oignon

tomate

p de terre

tomate

p de terre

parcelle III

saison séche chaude

gombo

arachide

gombo

gombo

arachide

hivernage

aubergine

Chou

Papaya

chou

Papaya

 

2.1.2.3.1. Semis

L’époque des semis est déterminante car elle est fortement liée avec l’évolution des prix de vente sur le marché. Cependant, on distingue deux types de semis :

       Les semis en place : On ne sème en place que les plantes qui supportent mal la transplantation, les graines sont semées directement sur la planche. Cette pratique concerne les plantes maraîchères telles que le Gombo, l’arachide le melon et le haricot.

       Les semis en pépinière : les graines sont semées en pépinière avant d’être enlevées et repiquées définitivement en place dans les planches préalablement préparées. La quantité de semences nécessaire pour un hectare varie selon la spéculation. Le tableau 10 donne des ordres de grandeur pour les spéculations retenues.

2.1.2.3.2. Le repiquage :

Il doit avoir lieu le soir ou le matin très tôt afin d’éviter la forte transpiration des plantes qui compromet toute chance de reprise. Les plantes doivent être triées avant


12

l’opération de repiquage. Le choix doit porter sur les plantes les plus vigoureuses, plus pourvues en feuilles.

2.1.2.3.3. L’entretien :

L’entretien comprend:

       le sarclo-binage : le sarclage consiste à enlever les adventices. Le binage quant à lui, permet un ameublissement du sol et lutte contre l’évaporation en rompant les capillarités au niveau du sol. Le sarclo-binage doit être régulier surtout en début de culture.

       l’arrosage : il est journalier. Les besoins en eau sont de 3,5 mm au stade jeune plantule, 5 mm en pleine croissance et 8 mm pendant le développement maximum.

Rappelons qu’un millimètre équivaut à 1 litre / m² ou 10 m3 / ha.

La fumure : l’engrais maraîcher type est le 10 –10 20. Il est composé d’azote, de phosphore et de potassium dans les proportions 10-10-20 ; le reste étant un support contenant des micro-éléments (fer, cobalt, magnésium, etc.). Il existe deux types de fumures:

       La fumure de fond : elle se fait avant l’implantation de la culture.

       La fumure d’entretien : c’est la pratique qui consiste à faire des apports dosés et répétés à des intervalles de temps définis.

Le plan de fumure varie selon la spéculation et la variété. La fumure organique en provenance des parcs d’embouche et du poulailler sera le plus utilisée dans le cadre du projet. Le tableau 10 donne des indications sur le plan de fumure des spéculations retenues. L’unité est, sauf pour les rendements, le kilogramme par hectare.

Pour l’ensemble des parcelles, les pépinières seront mises en place par un ouvrier agricole sous la supervision du chef d’exploitation. Ceci permettra de raccourcir le temps d’occupation de terrain et éventuellement d’avoir des récoltes précoces.

Concernant la fumure, le produit de référence est le 10 – 10 – 20. On tachera d’ajuster les quantités en cas de substitution avec de la matière organique.


13

Tableau 6: plan de fumure des spéculations retenues

spéculation

Semence

Fumure

Fumure D’entretien

Cycle de

Rendement

De fond

production

(T / ha)

période

Quantité

R + 15

150

Tomate

0.25

400

R + 30

150

120

20 à 30

R + 50

150

R + 80

150

R + 40

250

Aubergine

0.30

500

R + 60

250

150

25 à 50

R + 80

250

Gombo

5 à 10

500

110

8 à 20

P. de terre

2800

200

P + 15

250

90

30 à 40

P +35

250

Oignon

4 à 5

250

R + 30

150

90

20 à 40

R + 10

jaxatu

0.50

200

R + 20

200

120

20 à 30

R + 40

R + 60

R : repiquage                                         P : plantation

2.1.2.3.4. La protection phytosanitaire

La sensibilité aux parasites et ennemis des cultures varient selon la spéculation. L’achat des semences se fera en tenant compte de la résistance des variétés aux nématodes, à la fusariose et aux virus.

Les principaux ennemis des cultures sont les chenilles, les jassides, les acariens, les mouches, les thrips, les nématodes, les champignons, les bactéries et les virus dans une moindre mesure.

Le Tamaron (matière active : Métamidophos) est un pesticide qui permet de lutter contre les chenilles, les mouches blanches, les pucerons, les thrips et les acariens. Mais, pour


ce produit, le délai à respecter avant la récolte est de 21 jours. Il n’est pas recommandé 21 jours avant la récolte. Pendant cette période, l’utilisation du deltaméthrine (Décis) dont le délai de carence est d’un jour (dose : 10 mm / 10 l) peut être utilisé. Ces deux produits peuvent être retenus par le projet. Pour les champignons, le Zinèbe peut convenir. En effet, il permet de lutter contre les maladies fongiques les plus fréquentes à savoir : le mildiou, l’alternariose, la cladosporiose, la rouille, la septorise.

Toutefois, l’accent sera focalisé sur les produits naturels comme le BIOBIT, les produits à base d’azadiractine (substance contenue dans le margouzier), etc.. l'alternance des produits phytosanitaires sera de règle pour éviter l'accoutumance source de résistance des agents combattus.

2.1.2.3.5. Rendements des cultures maraîchères

(voir tableau 7)


15

2.1.3.  Arboriculture fruitière

Le verger sera composé de:

*                 manguiers sur 2 ha;

*                 d’agrumes : mandariniers, limettiers et citronniers et d’orangers sur 3 hectares;

*                 et de bananiers sur 2 ha.

2.1.3.1. Exigence édapho-climatique

(cf maraîchage)

2.1.3.2. Itinéraire technique

2.1.3.2.1. Le repiquage

- Méthodologie

1- matérialiser un côté de la parcelle avec piquets et cordeaux en se basant sur un alignement particulier (limite de parcelle)

2- avec la méthode Pythagore 3-4-5, matérialiser les 2 côtés de la parcelle. On procède au piquetage des 3 lignes obtenus a, b, c.

3- piqueter de part et d’autre les départs des rangées en prenant soit d’ajuster sur un seul côté s’il le faut

Les dimensions des trous recommandés sont pour les arbres pérennes 80 cm * 80 cm. On attache une corde de 40 cm sur le piquet puis on matérialise un cercle de 80cm de diamètre.

Après avoir fait le trou, on ajoute une brouette de fumier mélangée au sol ressorti en prenant soin de laisser un petit rebord au niveau de la paroi. Ensuite, on ajoute comme fumure de fond 10-10-20 ou 18-46-0: 1kg / trou mais au préalable, on confectionne une cuvette. On ajoute une quantité m = 1kg de chaux magnésienne; ce tout est incorporé dans les premiers 25


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cm du trou. On fait un épandage de nématicide - insecticide tel que le MOCAP à raison de 45 g par trou (l’équivalent d’une cuillère e à soupe). On remet le piquet au centre du trou et on arrose abondamment 40 l / trou.

Précisons qu’en cas d’utilisation de fumier non décomposé, on l’irrigue pendant un mois pour favoriser la décomposition du fumier et au moment de la plantation répéter le traitement nématicide (exemple: 15g de MOCAP, 1 cuillerée à café à ras)

2.1.3.2.2. Plantation

*                 Epoque: la période de plantation recommandée est 4 à 5 mois avant l’hivernage pour les agrumes. Pour le manguier la plantation se fait pendant l’hivernage (juin juillet). En effet cette espèce est sensible à la sécheresse. Concernant le bananier, la plantation peut se faire durant toute l’année; les seules exigences sont d’ordre nutritionnel et consistent à apporter une brouette de fumier ou son équivalent en engrais chimique (10-10-20) et 1 Kg de 0-46-0 ainsi qu’un Kg de chaux en cas de sol sableux. il est également recommander d’appliquer un nématicide.

*                 Mode de plantation: on fait un petit trou au niveau de l’emplacement du piquet du centre pouvant contenir la motte au plan et réajuster le petit trou de sorte que le niveau du collet corresponde au niveau du sol. On enlève le sachet en prenant soin de couper les 5 cm de fond: ce qui permet d’éviter la formation de racines en forme de table. On remet la motte dans le trou et on tasse très bien, tout en tenant l’arbre bien verticalement. Ensuite, on arrose aussitôt avec 20 litres d’eau. Il faut prendre le soin de ramasser tous les sachets et piquets et les brûler ou enfouir quelque part.

Le système à la double cuvette est fortement recommandé pour les plantes sensibles à la maladie du sol. C’est pour cette raison qu’il sera choisi pour les agrumes (limettier, oranger, mandarinier; pamplemoussier).

Pour le manguier, une seule cuvette peut suffire.

2.1.3.2.3. Choix des espèces

Manguier: les choix de variété peut porter sur celle hâtive, pour faciliter la commercialisation et éventuellement avoir des prix intéressants (loi de l’offre te de la demande). A ce titre la variété Kent pourrait convenir.


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2.1.3.3. Irrigation

Tableau 7: normes d’irrigation arboricole pour les agrumes et le manguier

agrume

manguier

0-2ans

30l/3fois/semaine/pieds

30l/3fois/semaine/pieds::

3-5ans

60l/3fois/semaine/pieds

60l/3fois/semaine/pieds

...semence

47,5l/m2/semaine

jan février

Tableau 8 : Normes d’irrigation arboricole

âge de la plante

dose et fréquence d’irrigation

0

- 2 mois

20 l / 3 fois / semaine

3

- 5 mois

30 l / 3 fois / semaine

6

- 4 ans

50 l / 3 fois / semaine


18

2.1.3.4. Plan de fumure arboricole

Tableau 9: Plan de fumure des agrumes

Âge

période

Urée

10-10-20

poptamag

fumier

janvier

100g

100g

-

2 seaux de 10 1

mars

100g

100g

-

0-2ans

2 seaux de 10 l

juillet

100g

100g

100g

octobre

100g

100g

100g

jan

200g

100g

100g

seaux

3-5ans

mars

200g

100g

-

-

juillet

200g

100g

200g

3seaux

jan

-

500g

300g

4seaux

semence

mars

200g

200g

-

-

juillet

300g

500g

300g

4seaux

Tableau 10: Plan de fumure des manguiers

âge

période

Urée

10-10-20

potamag

fumier

jan

100

100

-

0-2ans

mars

100

-

-

cf agrume

juillet

100

100

-

octobre

100

100

-

3-6ans

jan

200

200

juillet

250

-

semence

jan

-

1500

500

juillet

-

1500

-

Pour ce qui est du bananier, la fertilisation commence à partir du deuxième mois selon une quantité de 100 g par pied; ce qui nous donne 6 épandages par cycle.


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2.1.3.5. Densité et rendement par pied

Espèces

Rendement / pied

manguier:10x10m

300 Kg

oranger:7 x 8m

300 kg

limettier: 7 x 8m

250 kg

mandarinier: 6 x 6m

250 kg

bananier: 2 x 2 m ou 2 x 2.5 m

13 à 40 Kg


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2.2.       Aviculture

2.2.1.  Le poulailler

L’implantation d’un poulailler doit être une opération bien réfléchie. On veillera aux recommendations suivantes:

       Eviter les terrains humides et les zones inondables car elles sont propices au développement des maladies ;

       L’endroit choisi doit être d’accès facile pour l’approvisionnement en intrants et l’écoulement des produits ;

       L’axe des bâtiments doit être parallèle à la direction des vents dominants en hivernage ;

       L’orientation est-ouest des poulaillers évitent que les rayons du soleil pénètrent directement dans les bâtiments ;

       Les abords du poulailler doivent être dégagés. Une distance minimale de 30 m entre les poulaillers est nécessaire ;

       L’ensemble des bâtiments doivent être protégés par un mur ou une clôture d’enceinte.

2.2.1.1. Choix des souches

L’attention sera portée à ce niveau sur les souches qui ont déjà fait leurs preuves au niveau de la zone, et ceci compte tenu de leur disponibilité et de leur prix.

Les souches les plus communément utilisées en Haïti sont :

       Jupiter blanc ;

       Coob 500 ;

       Ross.


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Les paramètres zootechniques moyens de ces souches sont :

Poids moyen à 42 jours : 1.85 Kg

Indice de consommation : 2

2.2.2.  Normes techniques de production

2.2.2.1. Matériel d’alimentation et d’abreuvement

Tableau 11 : normes d’élevage de l’élevage de poulets de chair

Période d’élevage

Densité

Mangeoires

Abreuvement

Alimentation

(sujets / m²)

(m lin / 100 sujets)

(l/jour / 100 sujets)

(type d’aliment)