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Diagnostic de la situation de l’agriculture et de l’alimentation en Haïti

1.1 CARACTERISATION DE L’AGRICULTURE HAÏTIENNE

La République d’Haïti a une superficie de 27 750 km2 et une population estimée aujourd’hui à plus de 14 millions d’habitants.

C’est un pays essentiellement montagneux avec plus de la moitié des terres possédant des pentes supérieures à 40% et des plaines qui n’occupent que 550 000 ha, soit 20% de sa superficie totale. Le potentiel exploitable est de 7 700 km2 (29%), tandis que la superficie effectivement cultivée est de l’ordre de 11 900 km2 44 %, ce qui dénote que 420 000 ha de terres marginales sont mis en culture.

 Toutefois, pour mieux cerner la problématique de l’agriculture haïtienne, il faut tenir compte des structures agraires, des services d’appui à l’agriculture, des systèmes de production et filières développées.

Famine et Crise Humanitaire en Haïti

Haïti est plongé dans une grave crise alimentaire et aussi une crise humanitaire qui menace tous les 10 départements d’Haïti. La malnutrition et la faim  touchent  actuellement plus de 8,5 millions de personnes. Pour aider à lutter contre ce fléau, les équipes de l’Agro Sans Frontière Haïti (ASF-Haïti)  a mis en place un système de distribution et de plantation de Moringa. Cet arbre de vie, permet aux femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux enfants, de se prémunir contre la malnutrition. Comestibles, ses feuilles, ses fleurs, ses racines et son écorce possèdent des qualités nutritionnelles exceptionnelles.

Déjà 4000 plants ont été distribués par nos équipes en 6 mois. Ensemble, continuons le combat pour permettre aux femmes et enfants de sortir de la malnutrition grâce à Moringa.

11,5 millions d’haïtiens sont dans l’insécurité alimentaire, la situation alimentaire en Haïti est vraiment grave.

1.1.1 Les structures agraires de l’agriculture haïtienne

1.1.1.1 Le foncier

La situation foncière en Haïti est caractérisée par la faible taille des exploitations agricoles (1 ,8 hectare en moyenne), des difficultés d’accès de plus en plus importantes, et la Prédominance des modes de gestions informelles et l’insécurité foncière. Celle-ci est due à de nombreux facteurs  : extension des surfaces en indivision, la non-légalisation des transactions foncières, aliénation du foncier en fermage, appropriation de surfaces importantes par des absentéistes et attribution de ces terres en métayage. Près de 75 % du foncier rural sont gérés de manière informelle par les  paysans, sur la base des coutumes.

L’insécurité des tenures foncières engendre la réticence ou même la peur d’investir et favorise l’émergence de conflits violents troublant la paix sociale et qui peuvent être à l’origine de pertes en vie humaines et des dégâts matériels importants. Dans tous les cas on se

retrouve dans une situation où l’environnement n’est pas favorable aux investissements productifs dans les milieux concernés et au développement de l’agriculture. L’insécurité foncière limite les possibilités d’investissements tant au niveau des Bassins Versants qu’au

niveau des périmètres irrigués. Il en résulte une dégradation de ces milieux qui pourrait apporter une contribution non négligeable dans la sécurité alimentaire en Haïti.

Pour remédier à cette situation, l’Institut National de la Réforme Agraire (INARA) a été mis en place. Mais les effets escomptés ne s’ensuivirent pas, à cause de certaines faiblesses liées entre autres au faible degré d’articulation entre les différents organes étatiques impliqués, à l’inadéquation du cadastre avec le système foncier actuel et à l’insuffisance des ressources

(humaines et matérielles) allouées à l’Institut.

1.1.1.2 Les bassins versants

Environ 95 % des bassins versants du pays sont dégradés ou transformés de manière très rapide, causant de fréquentes inondations dans le pays, un épuisement ou disparition des facteurs de base de la production agricole, des effets néfastes sur les infrastructures de production en aval, etc. Les sols, parallèlement aux ressources ligneuses se dégradent rapidement. Le potentiel exploitable est de 7 700 km² (29%), or la superficie effectivement cultivée est de l’ordre de 11 900 km² (44%), ce qui signifie que 420 000 hectares de terres

marginales sont mis en culture. Ainsi, l’érosion des sols est estimée à environ 12 000 ha par an. Les principaux facteurs à l’origine de cette dégradation sont entrés autres la mauvaise gestion de l’espace, la fragilité du milieu physique (fortes pentes, nature des matériaux), la forte pression démographique, la faible productivité de l’agriculture, la violence des phénomènes climatiques, les pratiques culturales érosives, la coupe de bois intensive pour les

1.1.1.3 L’irrigation et les infrastructures Hydro agricoles

Le MARNDR a inventorié, en 1999, 243 systèmes d’irrigation couvrant une superficie de l’ordre de 75 000 ha, dont 35.000 ha sont consacrés à la riziculture, 8.000 ha à l’exploitation de la banane et une grande partie à aux cultures de maïs, de haricot et des légumes.

Actuellement, il existe cinq (5) types de système irrigué (SI) caractérisés en fonction de leur taille : le grand SI, celui de la Vallée de l’Artibonite qui s’étend sur 38000 ha ; le moyen SIqui est formé par douze (12) systèmes localisés dans La Plaine du Cul de Sac, de Cabaret, l’Arcahaie, de Léogane, des Gonaïves, des Cayes et de Saint-Raphaël), et s’étendant sur une superficie totale de 34 000 ha ; environ soixante (60) petits SI qui contrôlent selon le cas des aires de dimension variée   (entre 30 et 900 ha) et couvrent un total de 13.000 ha ; des stations de pompage et des puits artésiens ; des lacs collinaires, étang et petits plans d’eau.

Les infrastructures d’irrigation desservant ces superficies ont subi à travers le temps des détériorations successives imputables au manque d’entretien et aux cyclones périodiques.

L’exploitation de ces systèmes se heurte en outre à des problèmes de gestion, imputables en grande partie à la faible implication des usagers.

1.1.1.4 Autres infrastructures agricoles et rurales

La situation des infrastructures d’appui au développement agricole et rural est critique. Le réseau routier estimé à 3400 km est en mauvais état à 80%. De nombreuses zones à fort potentiel de production à travers le pays sont enclavées et pratiquement inaccessibles en saisons pluvieuses. Les infrastructures d’élevage sont dans un piteux état. Des structures de stockage et de conservation des produits agricoles sont rares et peu adéquates lorsqu’elles existent. Cela porte les producteurs à vendre généralement leurs produits immédiatement après la récolte. Ce qui entraine de fortes variations de prix au cours de l’année et la mise en

marché de produits de faibles qualités, notamment la viande, les fruits et les légumes. L’indisponibilité de l’énergie électrique constitue aussi une contrainte majeure au développement de certaines filières agricoles.

1.1.1.5 Les grands groupes d’acteurs intervenant dans le secteur agricole

Cinq grands groupes d’acteurs et opérateurs interviennent directement dans le secteur agricole. Ce sont :  les acteurs et opérateurs étatiques qui comprennent les Ministères et les collectivités territoriales. Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) est le leader du secteur assurant autant que possible la fourniture des services aux agriculteurs. Les Collectivités Territoriales, conformément à la loi du 04 avril 1996, sont les gestionnaires privilégiés des ressources disponibles dans le milieu rural et sont des partenaires clés du MARNDR pour le développement du milieu rural.

Les agriculteurs, les associations d’agriculteurs et d’autres opérateurs, les entrepreneurs du secteur privé classique et Agro Sans Frontière Haïti (ASF-Haïti) fait partie de ces associations.

Des prestataires de services (ONG, firmes, Organisations Professionnelles Agricoles, Organisations Internationales) ; ASF-Haiti fait partie de ce groupe d’associations.

Des agents de commercialisation et/ ou de transformation, notamment des femmes qui participent activement à ces étapes ;

Des partenaires financiers du secteur agricole.

1.1.2 Les services d’appui à l’agriculture haïtienne

1.1.2.1 Encadrement et recherche/formation agricole

L’encadrement agricole sur le terrain est en principe assuré par des structures déconcentrées du MARNDR à savoir une dizaine de directions (dont cinq avec des directeurs adjoints) et une quarantaine de bureaux agricoles (BAC). La diffusion de paquets techniques est censée être assurée par ces structures qui se retrouvent dans les 10 départements géographiques du pays.

Des organismes comme l’ODVA et les centres de recherche/développement ont aussi la mission de vulgariser des techniques de production adaptées au niveau de leurs zones d’intervention.

En dépit de l’importance de l’agriculture, les services d’appui à la production qu’offraient les centres de recherche sont quasiment absents aujourd’hui. Les centres de recherche/formation/développement n’assurent pas à l’heure actuelle les missions pour lesquelles ils ont été créés par manque de programmes de travail, de budget de fonctionnement et de ressources humaines et matérielles. Ainsi la recherche agronomique et la vulgarisation au niveau du Ministère de l’Agriculture sont pratiquement nulles si l’on écarte quelques actions ponctuelles réalisées au niveau de certaines structures (parcelles de démonstration).

1.1.2.2 L’approvisionnement en intrants agricoles

Un frein important à l’amélioration de la productivité agricole est la faible disponibilité et l’accès très limité aux intrants agricoles, tels que semences de qualité, fertilisants, pesticides, produits vétérinaires, aliments pour bétail, etc. Le formidable gisement que représentent-les déchets organiques urbains n’est pas pratiquement pas exploité.

L’agriculteur utilise généralement comme semences des graines tirées de sa production ou achetées au marché rural. Ce qui fait que les planteurs disposent aujourd’hui d’un matériel génétique local de faibles rendements. La faiblesse de l’outillage agricole est aussi évidente partout à travers le pays.

Aujourd’hui, grâce à la diminution du prix du pétrole sur le marché international et au programme de subvention des engrais en cours de réalisation au MARNDR, les prix des fertilisants chimiques sont en baisse sur le marché local. Il conviendrait toutefois de trouver, à moyen terme, des ressources budgétaires pour financer un tel programme de subvention du prix des engrais.

1.1.2.3 La finance rurale

Actuellement, il existe une forte demande de crédit émanant de divers acteurs dans le secteur agricole et agroindustriel (entreprises, coopératives, groupements de producteurs, ménages, etc.). Le BCA, institution étatique qui accorde du crédit en milieu rural, aujourd’hui fortement décapitalisé, à cause du faible taux de remboursement est incapable de jouer son rôle. Les banques interviennent très peu dans le milieu rural, à cause des risques liés à la production agricole. La faiblesse de l’institution étatique et la quasi-absence du secteur financier classique ont créé un espace favorable au fonctionnement d’une diversité d’institutions de

micro finance en milieu rural. Elles sont de plusieurs types : coopératives, ONG, associations, etc. En réalité, le financement du milieu rural par les institutions formelles de crédit est très faible par rapport aux besoins. Il en résulte une réduction des activités productives et recours à du crédit usuraire. Il existe donc un besoin important et urgent pour apporter des capitaux frais en milieu rural afin de faciliter des investissements productifs dans l’agriculture. Les institutions de micro-finance dominent largement le paysage mais s’intéressent surtout aux zones urbaines et périurbaines. En outre, elles accordent surtout des prêts à des activités non

agricoles telles que le commerce. L’offre est peu diversifiée, avec des conditions prédéfinies, non négociables qui sont généralement peu adaptées aux principales activités du monde rural et ce, surtout par son rythme de remboursement qui est fréquemment mensuel et sa courte durée. Cette situation entraine une réduction des activités productrices dans le secteur, qui a pourtant un besoin urgent d’investissement productif.

1.1.3 Les systèmes de production et filières

Le secteur agricole haïtien comporte trois grands systèmes de production : élevage, pêche et aquaculture ; céréalier ; autres produits alimentaires. Ces trois systèmes sont étroitement interdépendants, la quasi-totalité des exploitations agricoles pratiquant la polyculture et le poly-élevage et la plupart des pêcheurs ayant aussi une activité agricole.

1.1.3.1 Le système de production : élevage, pêche et aquaculture

L’élevage joue un rôle extrêmement important dans le système d’épargne des exploitations agricoles familiales à 1.000.000. En effet, 35% des exploitations élèvent plus de 1.000.000 porcs, 55%, 1.500.000 de bovins ; 65%, 2.500.000 de caprins et 80%, 4.000.000 de volailles.

L’élevage en petites exploitations familiales représente plus de 90% de la production nationale. Il satisfait l’essentiel de la demande solvable actuelle du pays et exporte annuellement vers la République dominicaine 50.000 caprins pour environ $US 2.000.000 sans compter les bovins et les volailles rustiques.

La production nationale ne satisfait pas la demande du marché local en œufs, en produits laitiers et en viande de volaille industrielle qui est compensée par d’importantes importations commerciales, à la hauteur de US$ 20.000.000/ an pour 360.000.000 d’œufs, US$

50.000.000/ an pour 90000 TM équivalent lait de produits laitiers et l’équivalent de 12.5 millions de poulets dont 90% en pièces découpées.

L’élevage bovin avec environ 500000 vaches adultes a un potentiel de plus de 100.000 TM par an, capable de satisfaire la demande solvable actuelle en produits laitiers. Mais, faute d’infrastructures pour la transformation et la commercialisation, ce sous-secteur ne peut profiter d’un marché actuellement comblé à 80% par des importations commerciales (90.000 TM).

Concernant l’aviculture, il existe un potentiel d’implantation de 5 000 unités familiales de pondeuses à raison de 200 têtes par unité. Ce qui peut assurer une production nationale de 24 millions d’œufs par mois.

L’augmentation de la production aquacole nécessite une meilleure gestion et une exploitation rationnelle des lacs et étangs. La pêche est peu développée et est confrontée à la faiblesse d’équipements, au manque d’infrastructures de transformation et de conservation et à la rareté de sources de crédit.

Le développement des filières élevage, pêche et aquaculture fait face à de nombreuses contraintes, telles, la faible disponibilité en fourrage, en intrants et infrastructures d’abreuvement, les faibles disponibilités d’alevins dans le cadre de l’aquaculture et la faiblesse technologique, les prix élevés des aliments importés pour l’aviculture, l’aquaculture et la porciculture intensive, le faible accès au crédit, les faiblesses au niveau de la professionnalisation du sous-secteur dans un contexte d’absence de protection de la production nationale.

1.1.3.2 Le système de production : céréalier

Le riz irrigué est produit au niveau d’une quinzaine de périmètres avec une forte concentration dans la Vallée de l’Artibonite qui fournit environ 60 % de la production nationale. La riziculture occupe 130 000 ménages, dont 90.000 dans l’Artibonite, incluant les

30 000 ouvriers métayers.

La production nationale de riz est en déclin depuis plus d’une dizaine d’années. Cette baisse est causée principalement par la gestion inefficace de l’eau d’irrigation et le mauvais drainage du périmètre de l’Artibonite, l’accès difficile des agriculteurs aux intrants, la concurrence du riz importé, etc. Les récents appuis fournis par le MARNDR sous forme d’intrants, d’équipements agricoles et de réhabilitation des infrastructures d’irrigation ont toutefois contribué à une amélioration de la performance technique de la culture du riz.

La demande nationale de riz est satisfaite à 80% par le riz importé, à 12% par le riz produit dans l’Artibonite et à 8% par le riz produit dans les autres périmètres rizicoles du pays et les déchets d’usinage de riz de la République Dominicaine, dénommée cabecit.

Concernant le maïs, on trouve sur le marché national le maïs local et le maïs importé. Le bassin de concentration de la production du maïs local est localisé dans la plaine des Cayes (département du sud) avec 24,000 ha sur environ 250,000 ha à travers le pays. On retrouve

des sous-zones de production relativement importantes dans la Grande-Anse, le Nord, le Plateau Central et l’Artibonite. La culture de maïs rapporte très peu aux producteurs de par son rendement trop faible, en dépit des avancées technologiques réalisées dans la plaine des Cayes.

Le sorgho est la troisième céréale en importance en Haïti après le riz et le maïs. Il est l’une des cultures d’avenir d’Haïti menacée par la rareté de l’eau. La production de sorgho est de loin moins coûteuse que le maïs qui a besoin beaucoup d’eau. Il n’est pas desservi par un réseau fort d’intermédiaires commerciaux qui assurent sa transformation et sa commercialisation. Sa mise en marché se fait de préférence dans les milieux de production de la culture.

1.1.3.3 La filière tubercules

La production locale de tubercules est importante. La FAO l’estime autour de 750.000 TM, dont 45% de manioc, principalement des variétés amères pour la fabrication de galettes. Les tubercules sont cultivés en association avec des cultures vivrières et de rente dans toutes les zones de production : le manioc en zone sèche et semi-humide, la patate douce en zones semi humides et humides en plaine et en montagne, l’igname et le malanga dans les aires humides à toutes les altitudes, le « mazonbèl » (Colocasia, « dasheen » dans la Caraïbe anglophone) dans les dépressions hydromorphes de basse altitude..

On compte environ une dizaine de variétés d’ignames produites, les principales étant l’igname jaune et la « Guinée », à chair blanche. Une centaine de variétés de patate douce sont cultivées, la plupart sont des variétés endogènes, très peu d’efforts d’introduction de nouvelles variétés ont été entrepris.

Les exportations de tubercules sont au total de moins de 500 TM par an et sont dirigées vers les Iles Turques, la République Dominicaine, les Etats-Unis et les Bahamas. Plus de 300 TM vont vers les îles au nord. Les expéditions annuelles d’igname vers les Turques et Caicos étaient estimées à plus de 250 TM et celles de patate douce à environ 60TM (Capital Consult, 2004). Pour la République Dominicaine, elles consistent en petites quantités d’ignames, de malanga et de manioc amer pour les cassaveries frontalières. Les Etats-Unis viennent en dernière position avec moins de 25 TM d’igname annuellement en 2003 et 2004 (USDA/ERS,

2005).

1.1.3.4 La filière légumes

On compte plus d’une trentaine de légumes et condiments couramment produits en Haïti. Les zones de production sont dispersées à travers le pays, dans les aires de montagne et de plateaux humides et les plaines irriguées.

Les surfaces les plus importantes se retrouvent dans la périphérie de Port-au-Prince (axe Kenscoff-Seguin), la Forêt des Pins et les plaines de l’Artibonite, Cayes, Gonaïves et du Cul de Sac. Seule la Grande-Anse, malgré des conditions climatiques favorables, ne dispose pas d’aires maraîchères bien définies, sauf pour le gingembre qui est concentré dans la région de Dame-Marie-Anse d’Hainault. La production est quasi exclusivement le fait d’exploitations paysannes. La demande la plus forte est celle de la capitale et porte principalement sur cinq 10 produits qui sont cultivés dans le pays : le mirliton (chayote), l’oignon, le chou, le poireau et

la carotte.

1.1.3.5 La filière fruit

La diversité des écosystèmes du pays autorise la culture d’une grande variété de fruits, y compris des productions de climat tempéré. Près de 150 espèces et variétés fruitières sont cultivées ou existent à l’état spontané. Toutefois, moins d’une dizaine de fruits constituent le gros des quantités commercialisées et consommées. Mangues, banane, avocat, noix de coco, fruit à pain et agrumes sont les principaux fruits produits et commercialisés. Ces fruits sont issus de la production d’exploitations paysannes où les arbres sont cultivés en association avec des espèces vivrières (tubercules, banane, haricots principalement) ou du café. Les

exportations de fruits se sont beaucoup diversifiées sur la période récente. Constituées presqu’exclusivement de mangues sur la période 1985-95, elles se sont étendues à l’avocat, le tamarin, le fruit de la passion, l’anacarde et d’autres produits mineurs depuis le développement des échanges avec la République Dominicaine.

1.1.3.6 La filière café

La caféiculture le fait de petits agriculteurs en Haïti. Il y aurait plus de 200,000 familles qui seraient impliquées dans la production de café dans le pays. La superficie moyenne par exploitation familiale serait globalement au niveau de 0.50ha. Des superficies moyennes des exploitations sont plus grandes dans les régions de Beaumont (Grande Anse), de Thiotte (Sud’Est) et de Baptiste (Centre) tandis qu’elles sont beaucoup plus faibles dans les régions de Plaisance /Dondon (Nord), d’Anse A Foleur / St-Louis du Nord (Nord-Ouest) et des Cahos (Artibonite). Les producteurs vendent leur café soit aux coopératives et associations qui

desservent près de 50,000 producteurs à travers quatre réseaux de commercialisation, soit aux intermédiaires des circuits traditionnels dont les agents principaux sont les sous-marins (intermédiaires non patentés) des spéculateurs (intermédiaires patentés) et les exportateurs, soit aux intermédiaires dominicains au nombre de 20 qui reçoivent du café naturel provenant des sous-marins au voltigeurs en nombre très important qui commercialisent par unité de petits volumes (moins de 100 sacs par année par voltigeurs, soit aux torréfacteurs industriels (6) ou aux multiples petits torréfacteurs artisanaux constitués essentiellement de femmes

distribuant leurs produits dans les marchés publics des villes et villages du pays.

1.1.3.7 La filière cacao

Le cacao (Théobroma cacao) jadis, constituait après le café et la canne à sucre l’une des plus grandes sources génératrices de devise pour Haïti. La commercialisation de ce produit impliquait un grand nombre d’acteurs. Cependant la production cacaoyère ne varie pas grandement, mais elle se trouve camouflée sous l’émergence et l’augmentation en termes de production des autres grands pays producteurs. La culture du cacao est concentrée dans deux

zones principales du pays : le Nord et la Grande Anse. Cette production du Cacao est quasiment le fait des petits planteurs, mais ceux-ci n’assurent pas la commercialisation de leur produit sur les marchés internationaux, ce qui entraîne l’intervention de plusieurs intermédiaires dans la filière de ce produit.

En fonction des axes de commercialisation, les circuits de distribution s’y découlent. Généralement, on retrouve en amont les producteurs qui eux-mêmes libèrent leurs denrées aux spéculateurs ou à une coopérative, qui revendent les produits aux exportateurs qui les conditionnent pour les envoyer à l’étranger ; arrivés là-bas, le Cacao est acheté par des transformateurs qui après transformation en produits finis les mettre à la disposition de distributeurs qui les livrent enfin aux consommateurs.

1.2 L’INSERTION DE L’AGRICULTURE HAÏTIENNE DANS L’ECONOMIE NATIONALE,

REGIONALE ET MONDIALE AUJOURD’HUI

1.2.1 Contribution du secteur agricole à l’économie nationale

L’agriculture a toujours été la principale source de recettes fiscales du pays jusque dans la décennie de 1960-1970. La participation du secteur agricole à la formation du PIB était de 45% dans les années 70 contre 26% actuellement, soit une baisse de 19% sur la période et d’environ 0,5% par an. L’exportation agricole a diminué de plus en plus, avec la disparition de produits traditionnels, tels le sucre et la viande, du tableau de nos exportations. Par exemple, le montant des devises généré par l’exportation du café est passé de 52,5 à 3.8 millions de dollars. Le cacao et les huiles essentielles évoluent de manière aléatoire, alors que la valeur moyenne des exportations de mangue ne fait que diminuer en dépit d’une demande mondiale croissance.

La croissance du secteur agricole, bien que connaissant une amorce ces derniers mois, demeure faible et variable. L’offre alimentaire est toujours caractérisée par son insuffisance face à la demande. Le déficit de production alimentaire rend le pays nettement dépendant des importations de produits alimentaires. Selon les estimations de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) en 2009, la production nationale assurait, 49% des besoins alimentaires, disponible (en tonnes d’équivalents céréales) les importations, 46% et l’aide alimentaire, 5%. En matière de sécurité alimentaire, les enquêtes les plus récentes de la CNSA

montrent que les besoins nutritionnels d’une fraction importante de la population haïtienne.

Aujourd’hui, Haïti une famine menace Haïti, au cours du mois de Mai 2019 plus de 6,5 millions d’haïtiens sont dans l’insécurité alimentaire et dans plus de 7 départements d’Haïti, les petits paysans haïtiens commencent à mourir de faim, des femmes enceintes commencent à vivre dans la misère absolue, plus de 2,5 millions d’enfants vivent dans la malnutrition, la situation est inquiétante.